Les secrets du succès des parcs d'attractions à la Française

TOURISME La France est la championne d’Europe des parcs d’attractions…

Delphine Bancaud

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Le Futuroscope, avril 2017. Lancer le diaporama
Le Futuroscope, avril 2017. — D.Bancaud/20minutes
  • La fréquentation des grands parcs d’attractions français est en hausse constante
  • Ils savent innover pour conquérir des nouveaux visiteurs et faire revenir les anciens
  • Les attractions sont pensées pour plaire à différentes générations
  • Le défi est désormais de capter plus de visiteurs étrangers et de s’exporter

Une année 2017 riche en anniversaires symboliques pour plusieurs grands parcs d’attractions français ! Disneyland Paris fête ses 25 ans, le Futuroscope ses 30 ans et le Puy du Fou ses 40 ans. Un âge soulignant leur pérennité et leur succès, qui ne se dément pas d’année en année.

Car malgré des soucis financiers, Disneyland Paris reste la première destination touristique d’Europe, avec 320 millions de visites enregistrées depuis 1992. « Plus que la Tour Eiffel et le château de Versailles réunis », selon une étude de la Setec publiée en février dernier. De son côté le Puy du Fou ne cesse de progresser, son nombre de visiteurs ayant bondi de 30 % en trois ans. En 2016, 2,2 millions de personnes s’y sont précipité (+8 %) et ce, alors que le parc n’est ouvert que d’avril à juin. Même santé florissante pour le Futuroscope, qui a accueilli 1,9 million de visiteurs en 2016. Il est talonné par le  parc Astérix et ses 1,8 million de visiteurs en 2016. « Et ces parcs nationaux font des émules, comme le montre par exemple, la réussite de parcs d’attractions plus locaux comme La mer de sable à Ermenonville (Oise) ou France Miniature à Elancourt (Yvelines) », souligne Guy Raffour, fondateur du cabinet d’études éponyme, spécialisé dans le tourisme.

Une innovation perpétuelle

Un succès que ces temples du loisir doivent avant tout à leur esprit d’innovation. « Les parcs investissent en moyenne 20 % de leur chiffre d’affaires dans de nouvelles attractions, qui permettent d’attirer de nouveaux visiteurs en fidélisant les autres. Ces dernières années, ils ont aussi fait la part belle aux technologies innovantes, comme la réalité virtuelle, la 4D, les hologrammes… », souligne Guy Raffour. Cette année, le Futuroscope a ainsi lancé « L’extraordinaire voyage ». Les voyageurs embarquent les pieds dans le vide sur une plateforme qui s’incline à 90 degrés, pour un tour du monde version XXIe siècle, inspiré par celui de Jules Verne. Devant un écran géant, ils sautent d’un gratte-ciel à Dubaï, sentent un vent froid en suivant des oiseaux dans les montagnes, respirent des odeurs d’épices près du Taj Mahal en Inde ou slaloment entre les montgolfières au parc de Yellowstone aux Etats-Unis, grâce à des images réelles et de synthèse.

« Une prouesse qui a coûté 12,5 millions d’euros, dont 3,5 millions d’euros financés par le département de la Vienne. Chaque année la Compagnie des Alpes (actionnaire principal du Futuroscope) investit 10 % du CA pour renouveler 20 % des attractions. Du coup, 60 % de visiteurs reviennent tous les 3/4 ans », indique Jérôme Neveux, porte-parole du Futuroscope.

A l’écoute des clients

Autres nouveautés de l’année : l’attraction Pégase express au Parc Astérix, qui propose un voyage à grande vitesse à bord d’un train lancé sur un parcours mouvementé de près d’un kilomètre de long et qui a coûté 16 millions d’euros. Fin mars, outre une nouvelle parade, Disneyland a également lancé la version « 3D digitale » de l’attraction « Star Tours : l’Aventure continue » qui entraîne le spectateur au cœur de la saga Star Wars. En mai, « Space Mountain » a aussi fait aussi peau neuve, tout comme « Pirate des Caraïbes » qui rouvrira le 24 juillet.

« Nous inventons des nouveaux shows, nous modernisons des attractions et nous y intégrons de nouveaux personnages. Nous faisons aussi un gros travail d’écoute des visiteurs en utilisant leurs questionnaires de satisfaction et les interrogeant directement sur le parc, afin de pouvoir nous adapter à leurs attentes », déclare Julien Kauffmann, vice-président deDisneyland Paris. Même stratégie pour le Puy du Fou qui innove avec un nouveau spectacle tous les ans. « Ainsi, 65 % de nos visiteurs reviennent en moyenne tous les trois ans », informe Nicolas de Villiers, le président du Puy du Fou.

Des loisirs qui restent accessibles

Si les parcs d’attractions continuent à attirer tant c’est aussi qu’ils ont su miser sur l’aspect familial de leur offre. « Nos spectacles sont tirés de la grande histoire qui touche toutes les sensibilités et toutes les générations », souligne Nicolas de Villiers. « La diversité des attractions proposée dans chaque parc fait que chacun y trouve son compte, de 7 à 77 ans », renchérit Guy Raffour.

Et pour que la visite d’un parc d’attractions demeure une sortie familiale, il faut bien évidemment qu’elle demeure accessible financièrement. « Le pass coûte en moyenne 30 à 40 euros et pour ce prix, les visiteurs peuvent faire huit à dix attractions. Le rapport prix/amusement est vraiment compétitif », estime Guy Raffour. Et en réservant sa place sur internet ou via son comité d’entreprise, on peut trouver des offres intéressantes. Les parcs ont aussi étoffé leur offre hôtelière pour accueillir des familles pour un court séjour. « On a développé les séjours deux jours une nuit pour devenir une destination de court week-end », explique Jérôme Neveux. Pour ses 40 ans cette année, le Puy du Fou a d’ailleurs ouvert un nouvel hôtel.

Conquérir encore plus de visiteurs étrangers

Forts de leur succès, les parcs d’attractions français lorgnent désormais sur la clientèle internationale. Dans ce domaine, Disneyland est sans conteste le leader. « La moitié de nos 15 millions de visiteurs annuels sont étrangers. Pour arriver à ce résultat, nos shows sont proposés en plusieurs langues et nos cast members (employés) sont tous au moins bilingues », explique Julien Kauffmann. Un exemple qui fait saliver le Puy du Fou, qui compte pour l’heure 14 % de clients étrangers. « Nos spectacles sont traduits en six langues et depuis cette année, les visiteurs peuvent se connecter sur notre appli smartphone qui leur délivre tous les traductions en direct », indique Nicolas de Villiers.

Pour poursuivre sa conquête internationale, le Puy du Fou commence déjà à s’exporter. Après avoir créé deux spectacles en Angleterre et aux Pays-Bas, il ouvrira un parc en 2019 dans la région de Tolède en Espagne. Des discussions sont également en cours pour la création d’un parc en Chine. Des succès qui devraient inspirer les autres fleurons français…