VIDEO. Affaire Grégory: Murielle Bolle est notamment entendue pour «complicité d’assassinat»

JUSTICE La belle-sœur de Bernard Laroche a été placée en garde à vue, ce mercredi, plus de trente ans après les faits…

Vincent Vantighem

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Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989.
Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989. — BENGUIGUI/SIPA
  • Le petit Grégory a été retrouvé mort en 1984.
  • Témoin clé, Murielle Bolle a été interpellée, ce mercredi.
  • Elle est en garde à vue pour « complicité d’assassinat ».

Elle n’a pas invoqué son droit au silence. Interpellée, ce mercredi matin à son domicile de Granges-sur-Vologne (Vosges), Murielle Bolle est entendue, depuis, par les gendarmes pour des faits, notamment, de « complicité d’assassinat » et de « non-dénonciation du crime » du petit Grégory, a indiqué Jean-Paul Teissonnière, son avocat à 20 Minutes.

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« Elle est sereine comme peuvent l’être les personnes qui sont placées en garde à vue », a poursuivi l’avocat qui a prévu de faire des déclarations « sur le fond » à l’issue de l’audition de sa cliente. Cela devrait donc être jeudi. En effet, les gendarmes disposaient, ce matin, encore de 25 des 48 heures légales de cette garde à vue qui avait débuté en novembre 1984.

Murielle, la jeune fille aux deux versions

Après avoir repassé le dossier au peigne fin, les douze enquêteurs ont acquis la conviction que Murielle Bolle peut être l’une « des personnes qui a concouru à la réalisation du crime » du garçonnet, retrouvée pieds et poings liés dans la Vologne, le 16 octobre 1984.

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Alors âgée de 15 ans, celle que l’on surnommait « Bouboule » avait d’abord indiqué être rentrée, ce jour-là, du collège en voiture avec Bernard Laroche, son beau-frère, que celui-ci avait embarqué Grégory, qu’il était descendu avec lui « près d’une petite place » avant de revenir seul « un peu plus tard ». Renvoyée dans sa famille, elle s’était présentée, le lendemain, au tribunal pour se rétracter et indiquer qu’elle était, en fait, rentrée chez elle dans l’autocar scolaire.

Dijon (Côte d'or), le 30 juin 1986. Murielle Bolle (à gauche) arrive au palais de justice pour être entendue.
Dijon (Côte d'or), le 30 juin 1986. Murielle Bolle (à gauche) arrive au palais de justice pour être entendue. - ERIC FEFERBERG / AFP

« Il y a de nouveaux éléments… »

Aujourd’hui âgée de 48 ans, Murielle Bolle a donc décidé de répondre aux questions des enquêteurs. « Elle a déjà donné la version [de l’autocar] sept ou huit fois, poursuit son avocat. S’il faut qu’elle le répète une neuvième fois, elle n’a pas de souci à le faire. » A ceci près que les enquêteurs n’auraient pas encore sorti toutes leurs cartes sur la table. « Il y a de nouveaux éléments sur lesquels il va falloir qu’elle s’explique », assure une source proche du dossier.

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Contactée par 20 Minutes, Marie-Christine Chastand-Morant, l’une des avocates des parents du petit Grégory, se réjouit, quant à elle, que les choses continuent d’avancer, plus de trente ans après. « Mes clients sont toujours dans l’espoir de comprendre et de savoir, indique-t-elle. On espère que la parole se libérera. Et que Murielle Bolle pourra libérer sa conscience. » Les enquêteurs ont, légalement, jusqu’à jeudi midi pour cela.