Bac: Un souci pendant les épreuves? Les candidats dégainent une pétition

EXAMEN Une semaine après le début des épreuves, on compte déjà 30 pétitions relatives à l’examen qui ont récolté 30.000 signatures…

Delphine Bancaud
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Un candidat au bac pendant l'épreuve de philo à Paris, le 15 juin  2017.AFP PHOTO / Martin BUREAU
Un candidat au bac pendant l'épreuve de philo à Paris, le 15 juin 2017.AFP PHOTO / Martin BUREAU — AFP
  • Les pétitions relatives aux épreuves du bac sont en pleine croissance ces dernières années
  • Les candidats y réclament souvent la clémence des examinateurs
  • Et parfois ils y parviennent, comme en 2014…

Un sujet jugé trop difficile ou trop long, un énoncé trop compliqué… et les candidats au bac  2017 n’hésitent plus à râler publiquement. Outre leurs plaintes sur Twitter, ils utilisent de plus en plus les pétitions en ligne pour se faire entendre des correcteurs.

Ce que confirme à 20 Minutes Benjamin des Gachons, directeur de Change.org en France : « Le coup d’envoi du bac  a eu lieu il y a une semaine et l’on compte déjà 30 pétitions relatives à l’examen qui ont récolté 30.000 signatures au total », indique-t-il. Et ce n’est qu’un début selon lui, « car pour la session 2016, il y a avait eu 72 pétitions sur le bac et 46.000 signatures. Et elles avaient été lancées jusqu’au début du mois de juillet », se souvient-il. Interrogé par 20 Minutes, le ministère de l’Education constate aussi l’augmentation des pétitions liées au bac. « Et à force, ça peut décrédibiliser un peu la démarche », commente la rue de Grenelle.

L’espoir de faire bouger les choses

Lancées par des candidats, ces pétitions sont parfois relayées par des enseignants. Elles sont aussi très commentées, aussi bien sur les plateformes qui les publient que sur les réseaux sociaux. Et certaines font un véritable carton. Exemple cette année, avec la pétition concernant l’épreuve d’anglais LV1  du bac technologique, dans laquelle les pétitionnaires réclament au ministre de l’Education « une révision du barème au niveau de l’expression écrite, et de prendre en compte le manque de temps considérable pour effectuer ce devoir ». Un texte qui a déjà reçu 17.000 signatures en quelques jours.



Si ce mode de contestation connaît une vraie croissance, c’est parce que les lycéens sont devenus familiers des pétitions, chacun ayant au moins déjà reçu une invitation à en signer une au cours de son existence. « Et le fait qu’ils apprennent l’existence d’une pétition concernant un incident survenu lors d’une épreuve du bac, a un effet d’entraînement. Lorsqu’ils sont confrontés à quelque chose qu’ils ne jugent pas normal pendant le bac, ils ont vite le réflexe de dégainer une pétition », observe Benjamin des Gachon.

Certains textes font mouche

Les auteurs et les signataires de ces pétitions y trouvent un double intérêt : « Avant ils s’énervaient sur Facebook  par rapport à un incident survenu lors d’une épreuve du bac. Désormais, ils veulent non seulement exprimer leur colère par rapport à un sentiment d’injustice qu’ils ressentent, mais aussi qu’elle puisse être relayée et amplifiée par celle des autres candidats afin d’obtenir une clémence dans la notation des examinateurs ou une harmonisation des notes, par exemple », indique Benjamin des Gachon.

Face à cette grogne 2.0., le ministère a dû s’adapter. « Nous avons une cellule de veille qui observe ces pétitions. Et en fonction de l’ampleur de la pétition, nous y réagissons ou pas », explique la rue de Grenelle. Mais comment déterminer à quel niveau de mécontentement il faut répondre ? « A partir de 5.000 signatures, on peut se dire qu’il y a un vrai mouvement de grogne à prendre en compte », indique Benjamin des Gachon. Et dans certains cas, les pétitions des candidats énervés ont porté leurs fruits. En 2014, le barème de l’épreuve de maths de la série S a été modifié, alors qu’une pétition le demandant avait recueilli 9.000 signatures sur Change.org et 54.000 sur Avaaaz.org. De quoi donner de l’espoir à de futurs pétitionnaires…