Grossophobie: Un livre choc dénonce les discriminations contre les Français obèses

BODY SHAMING « Les obèses sont des pestiférés », dénonce Gabrielle Deydier dans un livre choc intitulé « On ne naît pas grosse »…

20 Minutes avec agence

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L'auteur Gabrielle Deydier dans "C à Vous" sur France 5 (capture d'écran).
L'auteur Gabrielle Deydier dans "C à Vous" sur France 5 (capture d'écran). — Capture d'écran/ France 5

En famille, au travail ou encore chez le médecin, les Français obèses seraient 16 % à faire l’objet de discriminations à cause de leur poids. Un phénomène surnommé « grossophobie » que dénonce Gabrielle Deydier, 38 ans, dans On ne naît pas grosse, publié le 15 juin dernier aux éditions Goutte d’Or. Celle qui a créé le webzine Ginette Le Mag y partage ses expériences personnelles, les résultats de son enquête sur le sujet et son analyse.

« Les obèses sont des pestiférés »

Ainsi, la journaliste indique que si 15 % de l’ensemble de la population est au smic, le taux grimpe à 26 % chez les Français obèses.

« Quand les gens pauvres sortent leurs enfants pour leur faire plaisir, ils leur achètent un Happy Meal au MacDo à 4 euros, car le cinéma coûte deux fois plus cher. Nous vivons dans une société schizophrène : grossir devient de plus en plus facile, mais les obèses sont des pestiférés », dénonce l’auteure dans un entretien à L’Express.

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Pour Gabrielle Deydier, les mauvaises habitudes alimentaires ne sont pas les seules causes de l’obésité. « Prédispositions héréditaires, mauvaise éducation alimentaire, il y a des gens malheureux qui trouvent du réconfort dans la bouffe, et bien sûr la pauvreté. Et quand tu n’as pas de chance, tu coches plusieurs cases », analyse l’écrivain.

Elle se dit victime de discrimination à l’embauche

Celle-ci révèle par ailleurs avoir souffert de discriminations liées à son poids sur son lieu de travail. Lors d’un entretien d’embauche, un responsable lui a ainsi demandé si le QI était inversement proportionnel à l’IMC.

Elle raconte aussi que l’institutrice avec laquelle elle travaillait en tant qu’assistante de vie scolaire l’a qualifiée de « handicapée », après avoir précédemment déclaré qu’elle ne voulait pas travailler avec une grosse.

Des attitudes à revoir du côté du corps médical

L’attitude du corps médical n’est pas toujours plus bienveillante, dénonce Gabrielle Deydier. L’auteur cite en exemple des patients obèses qui se sont vu signifier qu’il n’existait pas de blouses d’hôpital à leur taille, ou refuser une prise de tension faute d’un appareil assez gros.

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« Je connais des femmes qui ont consulté parce qu’elles avaient mal au ventre. Le médecin leur a expliqué qu’il s’agissait d’une indigestion. En réalité, elles faisaient des grossesses extra-utérines », s’insurge l’écrivain. « Ce n’est pas parce que tu es grosse que tu n’as pas de rapports sexuels et que tu ne peux pas tomber enceinte. »