Affaire Grégory: Que va-t-il se passer maintenant que les époux Jacob ont été remis en liberté?

JUSTICE  La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon (Côte d’or) a ordonné, ce mardi, la remise en liberté de Marcel et Jacqueline Jacob…

Vincent Vantighem

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Christine et Jean-Marie Villemin, le 23 novembre 1984, plus d'un mois après la mort de leur fils Grégory.
Christine et Jean-Marie Villemin, le 23 novembre 1984, plus d'un mois après la mort de leur fils Grégory. — Eric Feferberg / AFP
  • Le petit Grégory, 4 ans, a été découvert mort en 1984.
  • Son grand-oncle et sa grand-tante ont été mis en examen.
  • La chambre de l’instruction a décidé de les remettre en liberté, ce mardi.

De notre envoyé spécial à la cour d’appel de Dijon (Côte d’or),

Ils ne rentreront pas chez eux. Mais Marcel et Jacqueline Jacob sont, tout de même, « fous de joie ». Mis en examen vendredi pour « enlèvement et séquestration suivis de mort », le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, ont été remis en liberté « immédiatement », ce mardi, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or).

>>Les faits :Marcel et Jacqueline Jacob remis en liberté

Une surprise et surtout un camouflet pour le parquet général qui avait requis, le matin même, leur maintien en détention provisoire, convaincu qu’ils ont « concouru à la réalisation du crime » du garçonnet de 4 ans, découvert pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges), le 16 octobre 1984.

Toujours mis en examen dans cette affaire, les deux septuagénaires vont être soumis à un contrôle judiciaire strict. Ils ont l’interdiction de parler de cette affaire et résideront séparément, hors des Vosges, dans deux lieux tenus secrets. « Nous allons demander l’annulation de leur mise en examen, confie Stéphane Giuranna, l’un de leurs avocats. Mais ils seront sûrement réinterrogés prochainement. »

Murielle Bolle, bientôt placée en garde à vue ?

Car, après avoir repassé les 12.000 pièces du dossier au crible pendant des mois, les enquêteurs ne vont, en effet, pas s’arrêter là. « La remise en liberté des Jacob est une rude déception confie, ainsi à 20 Minutes, Thierry Moser, l’avocat de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory. Mais la thèse selon laquelle le crime a été commis par une équipe correspond, pour moi, toujours à la réalité. »

>>Marcel, Jacqueline, Bernard… Qui sont les protagonistes de l’affaire ?

Et c’est sur cette thèse que les enquêteurs continuent de plancher. Dévoilé par le procureur général vendredi lors d’une conférence de presse, leur scénario attribue aux époux Jacob le rôle de « kidnappeurs » du petit Grégory en compagnie de Bernard Laroche. Suspecté avant d’être innocenté, ce-dernier a été abattu, en 1985 par Jean-Marie Villemin qui était persuadé de sa culpabilité.

Il ne pourra donc plus éclairer les enquêteurs. Mais Murielle Bolle, si. Belle-sœur de Bernard Laroche, elle l’avait clairement désigné comme coupable au moment des faits avant de se rétracter. Elle pourrait donc être placée prochainement en garde à vue. « On s’attend effectivement à ce que cela bouge, confie Jean-Paul Teissonnière, son avocat, à 20 Minutes. Mais Murielle Bolle est extrêmement sereine à cette idée. »

« Je ne peux pas dire aujourd’hui qui a tué Grégory »

Il n’empêche : le filet que les enquêteurs tentent de relever, 32 ans après, contient toujours quelques gros trous. Ils pensent avoir identifié, au moins, deux « corbeaux », s’interrogent sur l’emploi du temps de Marcel Jacob le jour des faits et ont isolé des témoignages d’époque « intéressants ». Mais Jean-Jacques Bosc, le procureur général, le reconnaît : « Je ne peux pas dire, aujourd’hui, qui a tué Grégory ».

Thierry Moser, lui, se veut toujours aussi « confiant » que « déterminé ». « Il y a des éléments consistants, significatifs, concordants et très troublants, lâche l’avocat des parents de Grégory. Mais je n’en parlerai pas maintenant. » Selon plusieurs sources proches du dossier, les investigations et les auditions sont, en effet, « loin d’être terminées ».