Affaire Grégory: Le parquet général requiert le maintien en détention des époux Jacob

JUSTICE La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or) rendra sa décision dans l’après-midi…

Vincent Vantighem

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Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory,  pleurent devant son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne.
Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory, pleurent devant son cercueil lors de ses obsèques le 20 octobre 1984 à Lépanges-sur-Vologne. — JEAN-CLAUDE DELMAS
  • Le petit Grégory a été retrouvé mort le 16 octobre 1984.
  • Son grand-oncle et sa grand-tante ont été mis en examen vendredi.
  • Le parquet général a requis leur maintien en détention.

De notre envoyé spécial à la cour d’appel de Dijon (Côte d’or),

Jacqueline Jacob a écrit une lettre expliquant qu’elle n’y était « pour rien ». Son époux, Marcel, a lui « hurlé son innocence », selon son avocat. Le parquet général a tout de même requis, ce mardi matin, le maintien en détention du grand-oncle et de la grand-tante du petit Grégory, mis en examen, vendredi pour « séquestration suivie de la mort » du garçonnet.

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Les journalistes bien tenus à l’écart de tout le palais de justice, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon a examiné, à huis clos, cette question du maintien en détention des époux Jacob pendant plus de trois heures. La décision doit être rendue dans l’après-midi « entre 16h et 17h ». « Je peux vous dire qu’il y a des éléments consistants, significatifs, concordants et très troublants à l’encontre des Jacob », a indiqué Thierry Moser, l’avocat des parents du petit Grégory, se gardant bien d’en révéler la teneur.

« Je suis resté sur ma faim »

Pas pour les avocats de la défense qui ont dénoncé, devant la chambre de l’instruction, un dossier « totalement vide de preuves », selon leur compte-rendu. « J’attendais que l’on m’énonce les charges contre mon client. Je suis resté sur ma faim. Je ne comprends pas… », a indiqué Stéphane Giuranna, l’avocat de Marcel Jacob.

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Réclamant la remise en liberté des septuagénaires, les avocats de la défense ont même proposé à la chambre de l’instruction qu’ils soient hébergés « à une adresse tenue secrète » avec interdiction de parler à la presse, le temps que l’enquête se poursuive.

Un PV de réunion syndical saisi

Trente-deux ans après la découverte du corps de Grégory, pieds et poings liés dans la Vologne, l’accusation avance, aujourd’hui, des éléments qui, pour la plupart, sont en fait bien connus du dossier. Il y a « l’animosité » des époux Jacob à l’égard des Villemin, les « repérages » que Marcel aurait effectués devant l’école du garçonnet et leur « emploi du temps » qui n’a jamais été « confirmé » ou « étayé ».

Ce dernier argument a fait l’objet de débats lors de l’audience. En perquisitionnant le domicile des Jacob, les enquêteurs ont mis la main sur un procès-verbal d’une réunion syndicale qui prouverait que Marcel Jacob était bien au travail, le jour des faits, entre 14h et 17h. « Cela va dans le sens de ce qu’il a toujours affirmé », lâche Stéphane Giuranna.

La chambre de l’instruction dispose aussi de récentes expertises sur l’écriture du « corbeau » qui lui permet d’affirmer que Jacqueline Jacob est l’auteure d’une lettre de menaces adressée, le 27 avril 1983, aux grands-parents de Grégory.

Quoi qu’il en soit, les investigations se poursuivent et, de source proche de l’enquête, on indique que de « nouvelles arrestations » pourraient avoir lieu prochainement.