Bac 2017: Le plan d'attaque tous azimuts contre les fraudeurs

EXAMEN A la session 2016, 911 suspicions de fraudes ont été recensées et 485 sanctions ont été prononcées…

Delphine Bancaud
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Une salle d'examen du bac au lycée Poincaré de Nancy.
Une salle d'examen du bac au lycée Poincaré de Nancy. — POL EMILE/SIPA
  • La police sera systématiquement saisie en cas de suspicion de fuite de sujet.
  • Les détecteurs de portables sont à nouveau déployés lors de cette session.
  • Les sanctions contre les fraudeurs sont plus sévères ces dernières années.

Il y a ceux qui ont révisé leur bac et la minorité de candidats qui vont mettre en place des combines pour tenter de décrocher une bonne note en trichant. Sauf que cette année encore, les fraudeurs seront dans le collimateur du ministère de l’Education nationale, d’autant que l’an dernier 911 cas de fraudes ont été recensés. Du coup, la rue de Grenelle a encore peaufiné les techniques pour traquer les tricheurs. C’est ce qu’a assuré ce mardi la directrice générale de l’enseignement scolaire, Florence Robine, qui présentait la session 2017 du bac, dont la première épreuve écrite démarre jeudi. 20 Minutes détaille le plan d’attaque du ministère pour lutter contre les tricheurs.

La moindre suspicion de fuite de sujet est prise au serieux

Premier couac de l’édition 2017: le ministère de l’Education a ouvert une enquête sur d’éventuelles fuites des sujets de physique-chimie et de sciences et vie de la Terre des bacs scientifiques. Un internaute s’est en effet vanté sur sa page Facebook d’avoir mis la main sur ces sujets. L’enquête sur cette affaire, qui aurait débuté fin mai, est en cours, a indiqué le ministère en fin de semaine dernière. « Comme les années passées, nous luttons contre les rumeurs de divulgation de sujets. Et nous saisissons la police systématiquement pour vérifier la matérialité des faits et le cas échéant, pour engager des poursuites », a précisé ce mardi Florence Robine. Une cellule de veille et d’alerte nationale a d’ailleurs été mise en place cette année et fonctionnera jusqu’à la fin des épreuves. Ce qui permettra de réagir très vite en cas de fuite.

Les détecteurs de portables seront plus nombreux

Tous les appareils non autorisés (dont notamment téléphones portables et montres connectées) doivent être éteints et rangés dans le sac. Sauf que dans les faits, certains candidats s’en servent pendant les épreuves. L’utilisation d’un téléphone portable, d’un lecteur MP3, d’une montre connectée concerne d’ailleurs 34 % des cas de fraudes relevées en 2016. Pour parer à cette situation, depuis 2012, des détecteurs de portables sont déployés dans certains centres d’examens, selon un mode aléatoire et confidentiel. Ils sont capables de détecter les ondes émises par les téléphones dans un périmètre de 10 à 20 mètres. Si le ministère tient à tenir secret le nombre de détecteurs qui seront activés lors de cette session et les lieux où ils seront installés, il indique qu’ils seront « nombreux ». « Leur utilité dissuasive a été largement démontrée », insiste Florence Robine.


La publicité sur les sanctions que risquent les fraudeurs a été renforcée

« La prévention de la fraude est essentielle », martèle Florence Robine. Alors pour sensibiliser les élèves aux sanctions (administratives et/ou pénales) qu’ils risquent en cas de triche, les chefs d’établissement leur en parlent lors des bacs blancs. Pour le candidat pris en flagrant délit de triche, elles vont du blâme à la privation de mention jusqu’à l’interdiction de repasser le bac pendant cinq ans ou de s’inscrire dans un établissement public supérieur. Ceux qui parviendraient à divulguer un sujet avant l’épreuve risquent, sur le plan pénal, une peine de trois ans de prison et de 9.000 euros d’amende.

Et lors des épreuves du vrai bac, on en remet une couche. « Un texte précisant les conditions de sortie des salles d’examen et rappelant les sanctions encourues en cas de fraude leur est lu lors de la première épreuve et il est affiché à la porte de chaque salle d’examen », indique Florence Robine.

La tendance à une plus grande sévérité dans les sanctions

Il semblerait que l’administration soit de moins en moins clémente avec les fraudeurs. Car pour la session 2016, sur 911 suspicions de fraude, 485sanctions ont été prononcées (contre 464 en 2015). Et l’interdiction de subir tout examen pendant un an assortie de sursis a connu une hausse de 19 % entre 2015 et 2016. De quoi dissuader encore un peu plus de tenter le diable.