VIDEO. Bac: Les 8 commandements de l'épreuve de philo

CONSEILS Les hostilités du bac commenceront jeudi 15 juin par l'épreuve tant redoutée de la philosophie. Des professeurs ont confié à « 20 Minutes » leurs conseils pour bien l'aborder...

Océane Marache

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Le bac reste une source d'angoisse pour les enfants comme pour les parents
Le bac reste une source d'angoisse pour les enfants comme pour les parents — FREDERICK FLORIN AFP

Il est 8 heures, les sujets de philosophie viennent d’être distribués. Vous prenez connaissance des trois propositions et foncez tête baissée sur l’une d’elles. Attention ! Il existe des erreurs à ne pas commettre. Des professeurs de philo ont dévoilé leurs conseils à 20 Minutes pour vous faciliter le travail.

 

 

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1. Tu ne donneras pas ton avis

Une copie de philosophie n’est pas un journal intime, la première personne est à bannir. « Ce sont des concepts qui sont définis par des auteurs, pas par des élèves », explique Françoise Gautier, professeure de philosophie. C’est se tirer une balle dans le pied puisqu’une opinion peut-être différente de celle du correcteur et il risque de ne pas apprécier.

2. Tu ne réussiras pas « au talent »

L’épreuve de philosophie est souvent considérée, à tort, comme une épreuve de créativité. « La simple réflexion personnelle ne suffit pas, ce sera plat ou hors sujet », commente Pierre Soubiale, également professeur de philosophie dans un lycée et dans les vidéos Les Bons Profs. Il est indispensable de montrer un certain travail personnel. « Sans tomber dans l’excès en recrachant son cours, ajoute-t-il, car il ne faut pas ignorer la singularité du sujet ».

3. Tu n’enchaîneras pas les exemples

Les exemples sont essentiellement là pour illustrer des notions. « Il y a des étapes à respecter dans la construction d’une sous-partie », insiste une enseignante en philosophie au lycée Saint-Nicolas de Paris. Il faut d’abord expliquer les concepts philosophiques, les illustrer par un exemple, puis argumenter et en déduire une idée.

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4. Tu ne te bloqueras pas sur trois parties

« On peut faire une très bonne copie avec deux parties », précise la professeure de philosophie. La troisième est généralement conseillée car elle permet de mettre en relief la « réponse » à la problématique initiale. Mais elle peut très bien être mise dans une conclusion, qui s’avère obligatoire. D’ailleurs, dans la grille de correction de l’épreuve, il n’existe pas de pénalité pour des copies rédigées en deux parties.

5. Tu ne te tromperas pas entre les auteurs

« Il vaut mieux ne rien mettre que d’écrire n’importe quoi, conseille Pierre Soubiale, il ne faut pas laisser au correcteur l’amère impression qu’il vous reste un lointain souvenir du cours ». Les trous de mémoire ça existe mais il est possible de faire référence de près comme de loin à l’idée sans faire référence à l’auteur. Une copie sans une seule citation ou un auteur, ça existe.

6. Tu ne déformeras le sujet sous aucun prétexte

Les termes d’un sujet de philosophie ne sont jamais choisis au hasard. Bannissez donc tout raisonnement du type : « Ça ressemble à ce que je sais donc je vais plaquer ça », ironise Françoise Gautier. Il faut laisser le sujet dans son ensemble et ne pas laisser la moitié de côté. L’astuce c’est de définir tous les termes dès l’introduction, car cela permet de ne pas les oublier dans le développement.

7. Tu ne paraphraseras pas le texte

« Il faut plutôt reformuler en définissant les termes employés par l’auteur », démontre Pierre Soubiale. Cela permet ensuite de justifier le propos de l’auteur : « Il faut se demander en quoi ce que dit l’auteur est vrai » ajoute-t-il. Même si c’est un commentaire de texte, il faut s’efforcer de trouver un exemple pour faire un parallèle avec le texte, et ainsi éviter le plagiat.

8. Tu n’oublieras pas les transitions entre les parties

Le correcteur perdra le fil de la copie et appliquera des pénalités sur la note finale. « C’est justement là que se trouve toute l’analyse philosophique », avance Pierre Soubiale. Il s’agit de souligner en une ou deux phrases le paragraphe précédent avant d’en montrer les limites, pour les développer dans la partie suivante.

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