Etat d'urgence: L'interdiction de participer à des manifestations censurée par le Conseil constitutionnel

LOI La mesure prendra fin à la fin de l'état d'urgence le 15 juillet prochain...

20 Minutes avec AFP

— 

Le Conseil constitutionnel à Paris.
Le Conseil constitutionnel à Paris. — DURAND FLORENCE/SIPA

En pleine controverse sur les projets sécuritaires de l’exécutif, le Conseil constitutionnel a censuré vendredi une disposition de l’état d’urgence utilisée l’an dernier pour empêcher des centaines de personnes de manifester contre la loi travail.

Les Sages ont estimé que le pouvoir donné au préfet d'« interdire le séjour » à certains endroits et à certaines dates de personnes « cherchant à entraver l’action des pouvoirs publics » était trop étendu. L’abrogation de cet article de loi de 1955 ne sera effective que le 15 juillet, date à laquelle prend fin l’état d’urgence, qui devrait toutefois être renouvelé jusqu’au 1er novembre.

Le président Emmanuel Macron entend toutefois demander au Parlement que ce régime exceptionnel soit prolongé jusqu’au 1er novembre. Le Conseil constitutionnel a relevé que cette mesure d’interdiction de séjourner et de circuler pouvait être prise « sans que celle-ci soit nécessairement justifiée par la prévention d’une atteinte à l’ordre public ». Et donc sans aucun rapport avec la menace terroriste. Un simple soupçon d'« entrave » à l’action des pouvoirs publics suffit.

>> A lire aussi : Fin de vie. Le Conseil constitutionnel va-t-il censurer un décret très controversé?

Un jeune homme à l’origine de cette saisie

C’est sur cette base que le jeune homme qui a saisi le Conseil constitutionnel a été empêché de « séjourner dans certaines rues et arrondissements de Paris » lors d’une grande manifestation contre la loi travail, le 28 juin 2016. Son avocat Raphaël Kempf a salué une décision « remarquable » et déclaré à l’AFP : « En démocratie, il faut pouvoir manifester et entraver légalement l’action des pouvoirs publics. »

Il a toutefois regretté que cette disposition « contraire aux libertés fondamentales », survive jusqu’au 15 juillet. Selon Amnesty International, quelque 639 mesures de ce type ont été prises « explicitement » pour « empêcher des personnes de participer à des manifestations », contre la loi travail et à l’occasion de la COP 21 notamment.