Des solutions pour les étudiants qui se privent de repas, faute d'argent

ETUDIANTS Le rapport annuel de la Croix-Rouge appelé « Pacte santé » fait état de nombreux étudiants qui se privent de repas faute de ressources financières. « 20 Minutes » est allé à la recherche d’alternatives à leur portée…

Océane Marache

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13 000 étudiants Parisiens se privent de repas pour économiser
13 000 étudiants Parisiens se privent de repas pour économiser — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA
  • Un rapport de la Croix-Rouge alarme sur l’alimentation des étudiants
  • Des solutions sont proposées par des organisations et des étudiants en personne

13.000, c’est le nombre d’étudiants parisiens qui sautent entre quatre et six repas par semaine en raison d’un manque de moyens financiers, selon le dernier rapport annuel de la Croix-Rouge française. Sur 637.341 étudiants à Paris cette année, ce constat est alarmant. Mais il risque de ne pas s’améliorer avec le temps.

Contactés par 20 Minutes, Les Restos du cœur déplorent de leur côté « une augmentation de la précarité chez les jeunes » avec pour cause principale, la montée en flèche des prix des loyers dans les grandes villes. « Les étudiants ne peuvent se loger et assurer le reste de leur quotidien, c’est une situation difficile », reconnaît l’association. Si elle, comme d’autres, se mobilisent pour venir en aide à toute personne en situation de précarité, il est parfois difficile pour les individus concernés de franchir le pas. « Ce n’est jamais facile de demander de l’aide », explique-t-on aux Restos du cœur.

Si les moyens financiers des étudiants sont souvent limités, des solutions apparaissent pour remédier à cette précarité alimentaire. De nombreuses épiceries solidaires fleurissent partout en France destinées uniquement, ou en partie, aux étudiants. La Croix-Rouge propose ce service à toutes les personnes en situation de précarité afin de faire des courses « à moindre coût », explique à 20 Minutes Jean-Jacques Eledjam, le président de la Croix-Rouge française. Cette organisation est connue du grand public, mais d’autres, plus récentes se font petit à petit une place.

 

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Les Agoraé font partie de ces petites nouvelles. Créées en 2014 à l’initiative de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), la France en compte aujourd’hui quatorze. Ces épiceries solidaires, grâce à des partenariats avec des supermarchés tels que Simply Market ou Carrefour, proposent des produits alimentaires à prix très réduits. Ils sont vendus « entre 75 % et 90 % moins cher que le coût originel », précise Anthony Chipeaux, chargé de mission de l’Agoraé Paris-Sud. Un lieu où faire des courses à petits prix mais également des propositions au quotidien : « On a déjà organisé un voyage au ski, des friperies […] un coiffeur vient tous les samedis et fait payer 3 euros les étudiants… ». Une initiative accessible à 150 jeunes en moyenne par an, étudiants à l’université Paris-Sud, avec la participation de bénévoles et de services civiques.

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Les trucs et astuces des étudiants

« Des pâtes au fromage, pâtes au beurre, pâtes aux lardons, pâtes au ketchup ». Antoine a livré « sa recette miracle » sur la page Facebook de 20 Minutes. Dylan, lui, opte plutôt pour les applications « comme Shopmium qui permettent de faire des achats avec réductions ». Il a aussi un argument imparable, il est végétarien, ce qui lui permet de faire des économies sur la viande. Laura, ancienne étudiante, ne pouvait pas forcément bénéficier d’argent de ses parents, mais elle profitait pour rentrer chez eux le week-end : « je pouvais compter sur ma mère qui me faisait des gamelles pour deux jours ». Tous ces étudiants doivent faire face à une situation bien précaire mais ça ne suffit pas pour entamer le moral de certains comme Lucile, « je ne me plains pas car je sais que pour d’autres, c’est encore plus difficile ».