Utiliser votre téléphone portable au volant pourrait bientôt vous coûter encore plus cher

AUTOMOBILE Les amendes risquent d'être durcies…

Manon Aublanc
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Une personne téléphone au volant de sa voiture, le 4 janvier 2012 à Lyon.
Une personne téléphone au volant de sa voiture, le 4 janvier 2012 à Lyon. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Le combat pour la sécurité routière continue. Selon des informations de nos confrères du Parisien publiées mardi, la délégation interministérielle à la Sécurité routière devrait proposer bientôt au ministre de l’Intérieur de verbaliser davantage les conducteurs en infraction pour utilisation du portable au volant.

Entre les mois de janvier et mars dernier, la Prévention routière a mené une enquête d’observation dans près de 80 communes, scrutant un total de 20.575 véhicules. Et les résultats sont inquiétants : 7 % des conducteurs observés étaient au téléphone alors qu’ils conduisaient, tandis que 40 % tenaient leur smartphone dans la main en roulant. En décembre 2016, la Sécurité routière avait déjà rajouté onze nouvelles infractions par vidéo verbalisation ou au moyen des radars fixes. En 2015, 956.000 points de permis ont été retirés à des automobilistes surpris avec le téléphone à la main, ce qui représente 318.000 conducteurs verbalisés.

Seuls les kits de téléphonie intégrés au véhicule ou au casque du motard sont autorisés

« Certains pays comme l’Italie réfléchissent à une suspension de permis de trois mois si un conducteur récidive après avoir été sanctionné une première fois pour usage d’un portable tenu en main, mais on peut aussi agir sur le prix de l’amende ou le nombre de points retirés », explique la Sécurité routière. Anne Lavaud, la déléguée générale de la Prévention routière souhaite des « actions de sensibilisation pour faire évoluer les comportements (…) plutôt qu’une surenchère des mesures répressives ».

« Je ne suis pas en guerre contre l’usage du smartphone, mais je suis frappée de constater que 7 % des conducteurs prennent le risque d’utiliser leur téléphone en croisant un passage piéton », explique Anne Lavaud. L’association voudrait donc créer un module spécifique sur le risque du téléphone au volant lors de la formation au permis de conduire. Anne Lavaud parle aussi d’un droit à la déconnexion pour les salariés dans le cadre de leurs trajets professionnels et de la création d’applications automatiques permettant le blocage des « distracteurs » au volant.

Aujourd’hui, au volant d’une voiture, d’une moto, d’un cyclomoteur ou d’un vélo, utiliser un téléphone portable - tenu en main -, des oreillettes ou des écouteurs est interdit. Dans les trois situations, l’amende est la même : 135 euros et le retrait de trois points sur le permis de conduire. Seuls les kits de téléphonie intégrés au véhicule ou au casque du motard sont autorisés.