Dix-neuf personnalités politiques seraient concernées par l’enquête sur les assistants parlementaires

POLITIQUE C’est presque une vingtaine d’élus qui font partie de la liste de parlementaires concernés par les accusations du Front national…

Manon Aublanc

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A droite de l'image, Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et Jérôme Lavrilleux lors d'un conférence de presse de l'UMP à Paris le 24 avril 2014.
A droite de l'image, Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et Jérôme Lavrilleux lors d'un conférence de presse de l'UMP à Paris le 24 avril 2014. — PATRICK KOVARIK / AFP

Ce sont 19 élus de tous bords qui seraient visés par l’enquête ouverte par le parquet de Paris, à la suite du signalement de Sophie Montel, une élue FN qui avait transmis à la justice le 14 mars dernier une liste de parlementaires européens soupçonnés d’emplois fictifs.

Outre la ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez qui a déjà annoncé qu’elle porterait plainte contre Sophie Montel, on trouve également Brice Hortefeux, Jérôme Lavrilleux (LR), Yannick Jadot (EELV) et Emmanuel Maurel (PS) sur les documents transmis par le Front national à l’office européen de lutte anti-fraude à Bruxelles et au procureur de la République à Paris. Le FN est lui-même visé par une enquête des juges d’instruction pour des faits similaires.

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Dix-neuf personnalités issues de huit formations politiques différentes

Selon des informations de nos confrères du Figaro, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « abus de confiance » contre 19 eurodéputés, issus de huit formations politiques différentes.

Pour le PS, Edouard Martin, Emmanuel Maurel, Christine Revault d’Alonnes Bonnefoy et Jean-Louis Cottigny apparaissent, tandis que du côté LR, Michèle Alliot-Marie, Angélique Delahaye, Brice Hortefeux, Marc Joulaud, Tokia Saïfi, Jérôme Lavrilleux (ex-LR) et Constance Le Grip sont cités. A l’UDI, il s’agit de Jean Arthuis (devenu En Marche) et Dominique Riquet. Pour le MoDem, Robert Rochefort est également concerné. Chez EELV, on trouve les noms de Yannick Jadot et Michèle Rivasi, Patrick Le Hyaric pour le Front de gauche et Virginie Rozière du PRG.

Plusieurs élus ont déjà réagi

« Vous me l’apprenez ! » a répondu Jean Arthuis au JDD qui assure « n’avoir jamais été approché par une quelconque autorité ou un enquêteur sur le sujet ». « C’est l’étonnement et la stupéfaction ! J’ai des assistants en circonscription à temps partiel, c’est vrai, mais tout est déclaré, contrôlé et validé par l’administration du Parlement », ajoute l’élu centriste.

L’équipe de Michèle Alliot-Marie « essaie de recouper les informations, de savoir au moins de quoi il en retourne ». L’ancienne ministre estime que son nom « a été cité par le FN pour mieux allumer un contre-feu à leur propre affaire ».

Robert Rochefort « a mis quelques minutes pour comprendre ». « J’aurai un assistant qui est engagé, à titre bénévole et sur hors de son temps de travail, dans un parti politique. Le Parlement européen en est informé », a-t-il répondu.

« Ils essaient d’inventer un truc. Ils prêtent aux autres leurs propres turpitudes », dénonce Emmanuel Maurel. « Ils ont pris tous les assistants parlementaires qui avaient un engagement politique », s’explique-t-il. « Ces gens qui ne font rien et qui ne travaillent pas se permettent de calomnier des députés européens et de leurs assistants qui bossent. C’est un peu fort de café », estime ce dernier.

« Tout cela est une diversion, un désir très malsain du FN de nuire », s’emporte Dominique Riquet. « Nous avons respecté la procédure et nous avons eu la validation du secrétariat général du Parlement depuis longtemps », précise l’eurodéputé.

Virginie Rozière l’a également « appris par voie de presse ». « C’est un enfumage de la part des députés du FN et de Sophie Montel pour détourner l’attention de l’enquête en cours », estime-t-elle, niant tout « emploi fictif ».

Du côté de Jérôme Lavrilleux, déjà mis en cause dans l’affaire Bygmalion, l’enquête concernerait un de ses assistants, également conseiller municipal LR de Feurs, une commune de la Loire. « Tout est en règle avec le Parlement européen, rien n’empêche un attaché parlementaire d’être élu », rétorque Lavrilleux. L’assistant de Jérôme Lavrilleux a partagé des documents faisants office de preuve.

Hortefeux va porter plainte contre Sophie Montel

Les députés européens de droite Brice Hortefeux et Jérôme Lavrilleux ont réagi après ces accusations. Brice Hortefeux, ancien ministre LR, a d’ores et déjà annoncé qu’il porterait plainte pour diffamation contre Sophie Montel. « J’apprends qu’une élue du Front national diffame mon équipe parlementaire en lui reprochant l’exercice de mandats électifs », a-t-il écrit sur Twitter.

« Tout est clair et connu par (les) services (du Parlement européen). Cet engagement est non seulement légal mais aussi moral. J’ai donc décidé de porter plainte », annonce-t-il, se « réjouissant » de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, « qui permettra de clarifier et de dissiper toute interrogation ».

Brice Hortefeux aurait engagé comme assistante parlementaire une conseillère municipale de Clermont-Ferrand et de la communauté urbaine de Clermont-Auvergne Métropole. « Tout est clair, le travail a été effectué et le Parlement européen informé », jure l’ancien ministre de l’Intérieur au Parisien. « Rien n’empêche un assistant parlementaire d’être élu. Je pousse les miens d’ailleurs à cela », dit-il