Devoirs à la maison: Vraie corvée ou indispensable soutien?

VOUS TEMOIGNEZ Devoirs à la maison ou à l’école ? Nos internautes sont divisés…

Tristan Lescot
— 
Une petite fille fait ses devoirs
Une petite fille fait ses devoirs — DELAHAYE CATHERINE/SIPA
  • Le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la mise en place du dispositif «devoirs faits à l'école»
  • Il sera effectif dès la rentrée prochaines dans quelques établissements avant d'être généralisé

Nouveau ministre de l’Éducation nationale, nouvelle réforme ! Jean-Michel Blanquer souhaite que les devoirs ne soient plus faits à la maison mais à l’école. Selon lui, le dispositif répond à un double objectif : « que chaque enfant puisse travailler individuellement, au calme, pour faire des exercices, répéter ses leçons ou exercer sa mémoire et son sens de l’analyse » et « amenuiser les inégalités [entre les familles] ».

Quant à la forme prise par cette mesure, le ministre préconise des « études dirigées de 16 heures à 18 heures le soir dans tous les collèges, et pas seulement en éducation prioritaire ». Reste à attendre la rentrée prochaine pour connaître les modes d’application du dispositif, pour l’instant plutôt positivement accueilli.

D’ailleurs, comment les parents gèrent-ils aujourd’hui les devoirs à la maison et que pensent-ils de ce changement de paradigme ? Nos internautes réagissent.

« J’adore faire les devoirs avec ma fille »

Priscilla dont l’enfant est au CP « adore faire les devoirs avec [sa] fille » car « ça lui permet aussi de voir et savoir ce qu’elle a retenu et ce qu’elle a appris en cours ». Elle reste très attachée aux devoirs à la maison d’autant que « ça peut réapprendre certains cours aux parents ». A noter quand même : les devoirs à la maison sont théoriquement interdits avant le collège… et ce depuis de nombreuses années.

Mariette est sur la même longueur d’onde : « Ma fille est en CE 2 et pour le moment, le maximum de temps consacré aux devoirs s’élève à 20 minutes… 20 minutes sérieux, ce n’est pas la mort ! » Pour les apprentissages essentiels - tables de multiplication, leçons de grammaire, etc.- un minimum de révision à la maison lui semble « nécessaire pour que ça rentre bien dans la tête ». Le soutien parental complémentaire de la formation reçue à l’école ? Florence approuve : « j’étais (et suis toujours d’ailleurs) une énorme buse en mathématiques… Si mon père n’avait pas eu sa méthode personnelle pour m’expliquer certains problèmes (géométrie, règle de trois…) ça aurait été le carnage ! Et ça permet aux parents de bien suivre les difficultés de leurs enfants et d’y remédier éventuellement ».

Parent solo, devoirs bobo

Encore faut-il pouvoir se le permettre. Anne connaît bien le problème. Maman solo, ses enfants lui ont fréquemment reproché de ne pas être assez présente pour leurs devoirs. Autant dire qu’elle accueille le dispositif « devoirs faits » à l’école comme un soulagement. Flo, mère seule et travaillant 50 heures/semaine, est résolument « contre les devoirs à la maison ». Rentrant souvent tard le soir, il lui est impossible d’épauler son fils dans les exercices donnés par ses professeurs. Nous ne sommes plus dans une question de volonté mais de possibilité.

Gaëlle voit d’autres raisons d’approuver le changement voulu par le ministre de l’Éducation : « Cela leur évite un bourrage de crâne inutile, on bosse de 8 heures à 16 heures (J’arrondis) et en plus on doit encore bosser plusieurs heures à la maison, il n’y a rien de plus pénible pour un enfant ». Selon elle, il est « plus simple d’apprendre d’un exercice fait en groupe avec toutes les informations sur le moment que de le faire, revenir dessus deux jours plus tard pour la correction et ne rien comprendre à l’explication ».

La colle du siècle

Harmo souhaite une délimitation claire entre l’école et la maison : « L’école c’est pour apprendre les maths, le français, etc. et la maison le respect, la politesse, etc. » au risque sinon de rendre la vie infernale pour les parents et pour les enfants ? : « C’est souvent la course. On rentre. Le gamin goûte, fait ses devoirs (si c’est long, ça dure encore et encore) et ensuite, viennent le repas et le coucher. Pas top. »

Et puis, rappelle-t-elle, « quand nous rentrons du travail, on ne ramène pas ce travail à la maison, pourquoi les enfants le devraient-ils ? » Pour une colle, c’est une colle. Si quelqu’un a une antisèche, nous sommes preneurs.