Thomas Thévenoud condamné à 3 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour fraude fiscale

JUSTICE L’ex-ministre avait démissionné de son poste le 4 septembre 2014…

Manon Aublanc

— 

Thomas Thevenoud lors de son procès pour fraude fiscale, le 19 avril 2017 à la Cour de justice de Paris.
Thomas Thevenoud lors de son procès pour fraude fiscale, le 19 avril 2017 à la Cour de justice de Paris. — Patrick KOVARIK / AFP

L’éphémère secrétaire d’Etat Thomas Thévenoud a été condamné ce lundi à trois mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour avoir déclaré en retard ses revenus entre 2009 et 2013.

Député (ex-PS) sortant de Saône-et-Loire, Thomas Thévenoud, 43 ans, a annoncé récemment qu’il ne se représentait pas aux prochaines législatives et qu’il arrêtait la politique. Son épouse Sandra, qui était chef de cabinet du président du Sénat, a elle aussi été condamnée à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

>> A lire aussi : Thomas Thévenoud redevient étudiant

Le ministre le plus éphémère de la Ve République

Le couple a ainsi étésanctionné par la justice pour avoir déclaré en retard ses revenus entre 2009 et 2013, et même ne pas les avoir déclarés du tout en 2012. Ils avaient régularisé leur situation en 2014 et se sont acquittés de 20.000 euros de pénalités. Présents au délibéré, ni Thomas Thévenoud ni son avocat Martin Reynaud n’ont souhaité s’exprimer. Le parquet avait requis un an de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Thomas Thévenoud, et six mois de prison avec sursis contre son épouse. L’ascension politique de Thomas Thévenoud a été brisée net par cette affaire. Avec neuf jours au gouvernement, il est le ministre le plus éphémère de la Ve République, avec Léon Schwartzenberg en 1988, ministre délégué à la Santé du gouvernement Rocard.

Quelques jours après sa démission début septembre 2014, le Canard enchaîné avait révélé en outre des impayés de loyer de l’ancien secrétaire d’Etat dans son appartement parisien. Le parlementaire avait dit à l’hebdomadaire souffrir de « phobie administrative ». Une « bêtise » qui a fait rire la France entière, « mais ça existe », avait-il déclaré à son procès, racontant avoir reçu des dizaines de témoignages de gens pour qui les démarches administratives sont difficiles. L’affaire Thévenoud avait atteint une nouvelle fois la « République exemplaire » prônée par François Hollande, après le scandale des comptes cachés à l’étranger de l’ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac.