Fuites sur l'identité des frères Kouachi: Amende confirmée pour le journaliste controversé Jean-Paul Ney

JUSTICE «Moi, je publie jusqu'au bout», avait-il notamment déclaré... 

20 Minutes avec AFP

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Le journaliste Jean-Paul Ney à Abidjan, le 6 mai 2009.
Le journaliste Jean-Paul Ney à Abidjan, le 6 mai 2009. — KAMBOU SIA / AFP

La cour d’appel de Paris a confirmé ce vendredi la condamnation à 3.000 euros d’amende du journaliste controversé Jean-Paul Ney, qui avait diffusé le 7 janvier 2015 l’identité des frères Kouachi après l’attentat contre Charlie Hebdo.

Dans la soirée du 7 janvier 2015, Jean-Paul Ney avait notamment tweeté un cliché de la carte d’identité de Saïd Kouachi, en écrivant : « On vous tient (sic) enfants de putain ». Tweetant la fiche « canonge » (fiche de police) de Chérif Kouachi, il ajoutait « moi je publie jusqu’au bout ».

Ces fuites avaient ruiné « tout espoir de surprise » dans la traque des frères Kouachi

Confirmant sa condamnation pour recel de violation du secret de l’enquête, la cour d’appel de Paris a, comme l’avaient déjà fait les premiers juges, estimé que « l’objectif de la préservation de la confidentialité des informations » qui ont ainsi été publiées « constituait un impératif prépondérant, justifiant qu’il soit porté atteinte à la liberté d’expression ». Un ancien de la DGSE (renseignement extérieur), Pierre Martinet, avait lui aussi été condamné à 3.000 euros d’amende en première instance. Il avait fait appel, avant de se désister.

L’enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », n’a pu remonter jusqu’à la fuite initiale. Le procureur de la République à Paris, François Molins, avait déploré ces fuites, qui avaient ruiné « tout espoir de surprise » dans la traque des frères Kouachi. Ils avaient finalement été tués le 9 janvier lors de l’assaut des forces de l’ordre dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) dans laquelle ils s’étaient retranchés.

Une pratique récurrente chez le journaliste controversé 

Au début du mois, le parquet de Paris a ouvert une enquête après de nouvelles fuites sur les réseaux sociaux de fiches de police de personnes recherchées, diffusées notamment par Jean-Paul Ney sur son compte Twitter. L’ouverture de cette enquête est intervenue après une importante opération policière à la gare du Nord à Paris qui été évacuée dans la nuit du 8 au 9 mai pour vérifier la présence de trois personnes recherchées dans un train venant du nord de la France.

Il y a quelques semaines, il avait déjà publié un tweet similaire le soir de l’attentat sur les Champs-Elysées, le 20 avril, où un délinquant multirécidiviste, Karim Cheurfi, avait tué un policier dans une attaque revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI). Il avait diffusé sur son compte Twitter l’identité d’un individu suspect, signalé par la Belgique comme pouvant se rendre à Paris pour y commettre un attentat, qui s’est avérée être différente de celle de l’assaillant.