Grève des conducteurs de camions citernes, très suivie en Ile-de-France selon la CGT

CRISE SOCIALE Les grévistes réclament des meilleures conditions de travail...

Manon Aublanc avec AFP

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Image d'illustration d'un camion arrivant à un dépôt pétrolier à Vern-sur-Seiche, près de Rennes, le 23 mai 2017.
Image d'illustration d'un camion arrivant à un dépôt pétrolier à Vern-sur-Seiche, près de Rennes, le 23 mai 2017. — DAMIEN MEYER / AFP

Une majorité des conducteurs de matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques…) étaient en grève ce vendredi en Ile-de-France et dans plusieurs dépôts de l’Ouest, selon la CGT qui a appelé à un mouvement illimité pour améliorer les conditions de travail de la profession.

Si cette grève, déclenchée en plein week-end de l’Ascension, persiste, elle pourrait entraîner des difficultés d’approvisionnement car les stations essence ont une autonomie de trois jours, selon la CGT. « Demain, on remet le couvert », a déjà prévenu le porte-parole de la fédération CGT. Mais l’Ufip (Union française des industries pétrolières) se montrait « rassurante ». « Les opérateurs membres de l’Ufip ont anticipé ce mouvement », a indiqué à l’AFP la porte-parole de l’Ufip Catherine Enck.

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La CGT dénombre « 70 % de grévistes en région parisienne »

En Ile-de-France, la mobilisation des salariés ne s’accompagnait d’aucun blocage ou barrage en début de matinée, d’après la CGT. Au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), une vingtaine de militants CGT ont tenté de bloquer vers 5h30 l’accès mais ils ont été repoussés par les forces de l’ordre, selon la police. La fédération CGT-Transports faisait état d’une moyenne de « 70 % de grévistes en région parisienne » avec des grévistes dans huit dépôts de carburants sur neuf. « Seul le dépôt de Grigny fonctionne normalement », selon Fabrice Michaud, secrétaire fédéral.

En province, le site de Lorient (Morbihan), bloqué selon la CGT en début de matinée, ne l’était plus à la mi-journée, a constaté l’AFP. Le dépôt de Donges (Loire-Atlantique) le restait en revanche pour les camions de matières dangereuses, selon Erwan Praud (CGT), qui souligne que « beaucoup de camions ont essayé de venir sur les sites mais par solidarité ils ne rentrent pas ». Les autres véhicules (bus, cars…) peuvent eux s’approvisionner, a-t-il précisé.

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La CGT exige une meilleure prise en compte des « spécificités » propres aux matières dangereuses

A La Rochelle, « on informe les conducteurs à leur arrivée, l’activité est arrêtée », avait indiqué dans la matinée un autre délégué. A Gennevilliers, plus grand dépôt d’Ile-de-France, le syndicat affirme que les entreprises de transport « ont eu recours à des intérimaires et donnent une prime exceptionnelle de 100 euros à ceux qui travaillent ». La CGT exige une meilleure prise en compte, au sein de la convention collective du transport routier, des « spécificités » propres aux matières dangereuses.

Parmi ses revendications : une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l’heure et un treizième mois. Un conducteur « transportant 38.000 litres de carburant ou 24 tonnes d’acide est payé 9,73 euros de l’heure », alors qu’il doit obligatoirement « être titulaire de certificats spécifiques obtenus après des examens » devant être renouvelés « tous les 5 ans », rappelait récemment la CGT dans un tract.