Charge mentale : « J’ai l’impression d’avoir un deuxième enfant à la maison »

EGALITE Après qu’une dessinatrice de BD dénonce la «charge mentale» qui pèse sur les femmes, les internautes témoignent….

Adrien Briand

— 

Une pépite racontée par une internaute
Une pépite racontée par une internaute — Libre de droits

Encore un petit effort. Début mai, la dessinatrice Emma a mis en ligne une bande dessinée remarquée dans laquelle elle dénonce la « charge mentale », ce travail d’organisation des tâches ménagères auquel s’ajoute l’impératif de devoir penser à tout, et dont les femmes sont victimes. Nous avons donc demandé à nos internautes femmes de témoigner, et de nous dire ce qu’elles en pensaient.

Des exemples, Stéphanie en a « à la pelle » : « Un jour, je m’absente un peu, et mon mari m’appelle et demande : “Chérie, quand est-ce que tu rentres ? On ne sait pas ce que l’on doit manger ce midi”. » Une autre fois, sa fille lui a déclaré, de but en blanc : « Mais, maman, tu ne fais pas le ménage ? ». Laura, elle, constate ce type de comportement avec ses parents. Elle raconte par exemple que sa mère « s’est toujours occupée de choisir les vêtements de (son) père pour les vacances », comme si « c’était un 5e enfant ». « C’est 50 % pour la femme et 50 % pour le mari qui regarde sa femme exécuter sa part », raille Elise.

>> A lire aussi : Féminisme: La «charge mentale» expliquée en BD cartonne sur les réseaux sociaux

 

« Je ne suis pourtant pas exigeante »

Selon Claire, à la mauvaise volonté des hommes s’ajoute une inconsidération pour ce qu’impliquent les tâches ménagères : « J’ai 25 ans et j’ai entendu beaucoup d’hommes me dire “mais tu ne me l’as pas demandé”. (…) Je ne pense pas qu’on puisse parler de vieux clichés. Il faut avoir conscience de ce phénomène. » Sarah, qui ne « maternera jamais » son copain, approuve. Elle n’a pourtant « pas l’impression d’être exigeante », mais assure que « le jour ou (elle) en aura marre, (elle) partira ».

Certaines, comme Margaux, ont déjà sauté le pas : « J’ai divorcé car je ne supportais plus d’avoir l’impression d’avoir un deuxième enfant à la maison. Nous avons ensuite vécu presque quatre ans chacun de notre côté et je ne vous raconte pas la salubrité de son appartement… Cela l’a fait réfléchir. » Résultat, « nous nous sommes remis ensemble récemment et il s’est remis en question ». « J’ai toutefois le sentiment qu’il est toujours en formation et je dois souvent rappeler qu’il y a telle ou telle tâche à faire, comme s’il ne voyait pas le désordre », regrette-t-elle.

>> A lire aussi : Parité: Les tâches ménagères sont toujours le fardeau des femmes

« On ne se prend pas la tête »

Des exceptions existent. Chez Méline, « (son) mari fait les courses, les papiers, l’entretien de la voiture, le bricolage, le jardin », quand elle-même s’occupe « du linge, de la cuisine et du ménage ». « On ne se prend pas la tête, s’il y a un peu de bazar, tant pis », raconte-t-elle. Même son de cloche chez Sofia, qui préfère parler de « prise de décisions faite volontairement » plutôt que de charge mentale, les tâches dans son foyer ayant été « parfaitement bien partagées » lorsqu’elle était encore avec son mari. Le hic, conclut-elle, c’est que « pour la grande majorité des couples, la BD d’Emma reflète une réalité encore trop présente, même chez les jeunes ».