Jean-Yves Le Drian: Comment un sosie aurait tenté d'escroquer des patrons

POLITIQUE Le faux ministre de la Défense intervenait via Skype et prétextait des demandes de rançon ou des opérations anti-Daech pour soutirer de l'argent à des chefs d'entreprise...

20 Minutes avec agence

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à la sortie du Conseil des ministres le 19 juillet 2016 à l'Elysée à Paris
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian à la sortie du Conseil des ministres le 19 juillet 2016 à l'Elysée à Paris — BERTRAND GUAY AFP

Jean-Yves Le Drian a porté plainte après avoir découvert qu’un homme lui ressemblant et se faisant passer pour lui avait détourné pendant deux ans des milliers d’euros grâce à une arnaque visant des chefs d’entreprises étrangères.

Les escrocs contactaient les dirigeants puis le sosie du ministre de la Défense entrait en scène via Skype dans un environnement très convaincant composé d’un drapeau tricolore, d’un portrait de François Hollande et d’un bureau… de ministre.

Prise d'otage, mission anti-Daech...

L’individu prétextait alors une prise d’otage avec rançon à régler ou une mystérieuse mission anti-Daech pour soutirer de l’argent à ses interlocuteurs bernés, selon une information révélée par le journal israélien Yedioth Ahronoth.

Les arnaqueurs finissaient par invoquer « une mauvaise connexion pour couper l’image au bout de quelques minutes et passer en communication par téléphone » pour limiter les risques de découverte de la supercherie, indique L’Obs, qui a repéré et confirmé l'information.

180 tentatives d'escroquerie

Egalement contactés par les voleurs, plusieurs chefs d’Etat n’auraient, eux, pas mordu à l’hameçon, se rendant compte de l’arnaque en appelant directement le ministre. Le plan semble cependant avoir été abondamment utilisé par ses auteurs puisque Jean-Yves Le Drian – le vrai – aurait évoqué 180 tentatives d’escroquerie selon cette méthode depuis août 2015.

Après que le président de la région Bretagne a saisi la justice, l'Office central de répression de la grande délinquance financière a ouvert en avril 2016 une information judiciaire qui a mené les enquêteurs sur une piste israélienne.