VIDEO. Fabienne a rencontré son père à 53 ans: «J’ai désormais un socle»

Famille L’histoire de Fabienne a été racontée dans « Disparus sans laisser d’adresse… », un livre qui relate des retrouvailles familiales touchantes...

Delphine Bancaud

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Fabienne a fait la connaissance de son père à 53 ans.
Fabienne a fait la connaissance de son père à 53 ans. — D.Bancaud/20minutes
  • A 10 ans, Fabienne apprend par sa mère que l’homme qui l’a élevée n’est pas son père.
  • Elle recherche son père biologique avec l’aide de Patricia Fagué, une journaliste dont la passion est de retrouver des personnes disparues.
  • Elle finit par le retrouver. Une rencontre qui la répare.

Fabienne ne sait plus ou donner de la tête ce jeudi matin. Elle enchaîne les interviews comme une star. Car son histoire personnelle si singulière illustreDisparus sans laisser d’adresseparu ce jeudi. Cet ouvrage relate plusieurs retrouvailles familiales après la découverte d’un père, d’une mère, d’un frère ou d’une sœur, qui s’était précédemment évanoui(e) dans la nature.

Fabienne fait partie de ceux qui ont eu droit à cette deuxième chance offerte par la vie. Elle a fait la connaissance de son père à 53 ans. « A 10 ans, ma mère m’a avoué que l’homme qui m’avait élevée n’était pas mon père biologique », nous raconte-t-elle. Une onde de choc qui va laisser des traces. « J’en ai beaucoup voulu à ma mère de m’avoir menti », confie-t-elle. Mais la petite fille se construit tant bien que mal avec ce manque. En grandissant, elle essaye de retrouver son père, dont elle ne connaît que le nom. « C’est toujours à des moments clés de ma vie que je le recherchais : après une rupture, ou après la naissance de ma fille. J’en ressentais le besoin, comme si je n’étais pas vraiment "finie" », explique-t-elle. Des recherches trop superficielles pour être efficaces.

« Il m’a dit "je suis ton papa". J’étais sur une autre planète »

Mais sentant que Fabienne a besoin de réponses, son amie Josette écrit à Patricia Fagué, une journaliste dont la passion est de retrouver des personnes disparues. Au bout de quatre mois de recherches intenses, bingo ! L’enquêtrice de choc retrouve la trace de Robert et annonce à Fabienne qu’elle a même un demi-frère et une demi-sœur.

« C’était comme si Patricia me donnait un petit trésor. Mais je n’ai pas appelé tout de suite mon père. J’avais besoin de savourer ce moment, de le digérer », se souvient-elle. Quand elle se décide enfin à l’appeler, son père lui réserve le meilleur accueil. « Il m’a dit "je suis ton papa". J’étais sur une autre planète », confie-t-elle, émue. Le père et la fille s’appellent ensuite tous les jours pendant 1 h 30 pour s’apprivoiser l’un l’autre et s’échangent des photos par courrier.

Et, en juillet dernier, Fabienne décide de partir à la rencontre de celui qu’elle n’a cessé d’imaginer. « J’ai bu une tonne de café avant de me rendre chez lui. Et lorsque je l’ai enfin vu, il m’a prise dans ses bras. J’étais comme sortie de mon corps, foudroyée par l’émotion au point de ne plus rien ressentir. C’était inimaginable », décrit-elle. Chez Robert, elle découvre des photos d’elle et de sa fille partout. Fabienne reste neuf jours chez son père à refaire le monde. « On a découvert qu’on avait plein de choses en commun : les mêmes yeux, le même groupe sanguin, le goût pour les langues étrangères, la même manière de cuisinier et la même obsession pour le rangement ! » rit-elle.

« Mon puzzle s’est emboîté et j’ai désormais un socle »

Fabienne rencontre aussi son demi-frère et sa demi-sœur. Mais on ne rattrape pas le temps perdu comme ça. « Malgré notre joie commune, notre rencontre ne sonnait pas comme une évidence. Leur famille était constituée depuis longtemps et je ne peux pas pleinement en faire partie. C’est trop tard », explique-t-elle. Du coup, les coups de fil se sont un peu espacés et Fabienne n’a pas revu son père depuis presque un an, d’autant qu’il habite à 8 h de chez elle.

Mais qu’à cela ne tienne, elle est aujourd’hui apaisée. « Je n’ai pas recherché mon père pour entrer dans sa famille, mais pour savoir le fin mot de l’histoire. Mon puzzle s’est emboîté et j’ai désormais un socle », explique-t-elle. Ces retrouvailles lui ont aussi permis de faire la paix avec sa mère. « Je lui ai pardonné. J’ai compris que, si elle m’avait menti, c’est qu’elle avait eu peur que je l’abandonne. Je suis plus douce avec elle et j’ai envie qu’elle finisse ses jours tranquillement », indique-t-elle. Et Fabienne a pu enfin laisser, loin derrière elle, la petite fille blessée qu’elle est restée trop longtemps : « Aujourdhui, je me sens plus sûre de moi, comme si j’avais enfin le droit de m’affirmer », ajoute-t-elle.