Fécondation in vitro: Le recours à cette méthode ne serait pas toujours justifié

ETUDE Des spécialistes s'étonnent de la multiplication des FIV en Europe alors que la fertilité des habitants n'est pas en déclin...

20 Minutes avec agence

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Un bébé et sa mère. Illustration.
Un bébé et sa mère. Illustration. — Superstock Sipa

Si environ 1,4 million d’enfants sont nés grâce à une fécondation in vitro (FIV) en Europe depuis 1997, le recours à cette méthode de procréation médicalement assistée (PMA) serait parfois précipité et insuffisamment justifié par le contexte médical.

En cause notamment : la manne financière que représente l’accompagnement des patients souffrant d’infertilité mais aussi une tendance à l’alarmisme en matière de qualité du sperme. Des couples pour qui une alternative à la procédure médicale existait auraient ainsi été dirigés vers la FIV.

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La fertilité des Européens reste stable

C’est ce qu’affirme un groupe de chercheurs européens dans une tribune publiée le 17 avril dernier dans l’European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology. Dans l’article sous-titré « Le paradoxe européen », les spécialistes s’étonnent de voir augmenter la demande de FIV sur le continent alors que la fertilité des Européens reste stable. Pour arriver à ce constat, les scientifiques ont analysé les données provenant de précédents travaux sur l’infertilité menés depuis 1950.

Or, ces chiffres montrent notamment que les femmes deviennent mères de plus en plus tard, ce qui entraîne, quand la décision est prise, une volonté pour beaucoup de futurs parents de voir la grossesse arriver rapidement avant que l’âge de la mère ne devienne un obstacle potentiel.

Un intérêt commercial et financier

La définition officielle de la fertilité a par ailleurs été modifiée en 2008 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime qu’elle correspond à une impossibilité d’avoir un enfant après un an de tentatives, au lieu de deux ans précédemment.

Autre phénomène pointé du doigt par les auteurs de la tribune : l’intérêt commercial et financier que peut représenter pour certains médecins et organismes la peur des Européens de ne pas pouvoir être parents ou leur envie de retarder l’arrivée d’un bébé.

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« L’offre et la promotion créent la demande »

« Comme il est d’usage dans les affaires, l’offre et la promotion créent la demande, qui à son tour génère plus d’offre. Ce processus de commercialisation a probablement beaucoup contribué à la tendance à l’augmentation du recours à la FIV », dénoncent les chercheurs.

Pour ces derniers, c’est donc l’ensemble de ses facteurs qui sont à l’origine du boom de la FIV et pas une baisse de la capacité des Européens à enfanter sans assistance médicale.