L'ancien soldat, radicalisé, arrêté vendredi aux abords de la base d'Évreux, a été mis en examen

TERRORISME Vendredi, il avait été arrêté en tenue de combat aux abords de la base militaire…

Laure Gamaury

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Le suspect radicalisé a été arrêté vendredi 5 mai aux abords de la base aérienne d'Evreux.
Le suspect radicalisé a été arrêté vendredi 5 mai aux abords de la base aérienne d'Evreux. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un projet d’attentat solitaire. Alain F., un ancien soldat de 34 ans au « profil psychologique très instable », d’après une source proche du dossier, a été mis en examen par un juge antiterroriste ce lundi.

L’ancien militaire radicalisé, arrêté vendredi aux abords de la base d’Évreux et suspecté d’avoir envisagé un projet solitaire d’attentat est accusé d'« entreprise individuelle terroriste » et de « tentative d’intrusion sur un terrain militaire ». Il a été appréhendé vers 5h30 en tenue de combat, portant les insignes du groupe État islamique, alors qu’il regagnait son véhicule garé en bordure de la base aérienne 105 d’Évreux dans l’Eure. A l’intérieur de la voiture, les gendarmes avaient découvert un Coran, des petits drapeaux aux couleurs de l’EI et une clé USB contenant une déclaration d’allégeance à l’organisation jihadiste.

Un attentat imminent ?

En garde à vue, il a reconnu avoir envisagé de commettre un attentat au nom de Daesh, faute de pouvoir rejoindre ses rangs en Syrie.

Passant les alentours de la base au peigne fin, les forces de l’ordre avaient retrouvé, cachés dans un fourré, un fusil à pompe et des munitions ainsi que deux armes de catégorie D en vente libre, des revolvers à poudre. Aucune trace d’explosif n’a cependant été découverte, selon une source proche du dossier.

Devant les enquêteurs, le suspect a tenu des propos décousus mais pas incohérents et son état a été jugé compatible avec sa garde à vue. Rien ne permet d’affirmer à ce stade que cet homme a réussi à pénétrer dans l’enceinte militaire et les enquêteurs cherchent encore à déterminer s’il était sur le point de commettre une action violente ou s’il faisait des repérages.

Il n’était pas fiché S

L’ancien soldat, qui a quitté l’armée en 2013 après dix années de service, s’était converti à l’islam et était placé sous étroite surveillance depuis 2014 en raison de sa radicalisation. En 2015 et 2017, son domicile avait fait l’objet de deux perquisitions administratives. Cet habitant de Veulette-sur-Mer (Seine-Maritime) avait aussi été visé par une enquête judiciaire, soupçonné d’avoir cherché à se procurer des armes, mais les investigations n’avaient pas abouti.

Sans être fiché S, cet homme né à Melun en février 1983 était en revanche inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).