Maltraitance à l'abattoir du Vigan: Huit mois de prison avec sursis pour un ancien employé

JUSTICE Une association partie civile regrette que « les véritables responsables » n'aient pas été présents au procès...

20 Minutes avec AFP

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Extrait de la vidéo publiée par L214 dénonçant l'abattoir du Vigan (Gard).
Extrait de la vidéo publiée par L214 dénonçant l'abattoir du Vigan (Gard). — Capture d'écran

En février 2016, l’association L214 dévoilait des images tournées en caméra cachée à l’abattoir du Vigan (Gard). On y voyait des animaux mal étourdis, égorgés ou recevant des coups répétés à la matraque électrique. Plus d’un an plus tard, Marc Soulier, un ancien employé, a été condamné vendredi à huit mois de prison avec sursis et 600 euros d’amende par le tribunal correctionnel d’Alès pour maltraitance envers les animaux.

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Deux autres employés de l’établissement étaient également poursuivis. Mais les faits reprochés étant prescrits, ils n’ont pas été condamnés. En revanche, la communauté de communes du Pays viganais, qui gérait l’abattoir, a été condamnée à 3.500 euros d’amende.

« On vit la mort cinq jours sur sept »

Pour Claire Stazorinski, présidente de l’Alliance anti-corrida, partie civile au procès, le jugement est incomplet. « Les véritables responsables ne sont pas là, les employés n’avaient aucun garde-fou. On n’a jamais vu le directeur, qui n’a pas été inquiété, ni les services vétérinaires, qui doivent impérativement contrôler ce qui se passe dans les abattoirs », a-t-elle regretté.

« Ce procès et votre décision seront une étape importante dans le débat sur la protection animale », avait déclaré au tribunal le procureur de la République d’Alès Nicolas Hennebelle lors de l’audience, qui avait porté en grande partie sur les conditions de travail dans les abattoirs et sur les conditions de mise à mort des animaux.

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« On vit la mort cinq jours sur sept », avait notamment témoigné Marc Soulier, âgé de 24 ans et entré à 15 ans à l’abattoir du Vigan comme apprenti boucher. Pour expliquer son attitude, le jeune homme a mis en cause « les cadences » imposées », « les surcharges de travail ».