Affaire des costumes: François Fillon réagit aux accusations de Robert Bourgi

PRESIDENTIELLE Le candidat Les Républicains a tenu à faire une mise au point sur les accusations de mensonge de son «ami»...

L.Br.
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L'avocat Robert Bourgi en septembre 2011 devant les locaux d'Europe 1.
L'avocat Robert Bourgi en septembre 2011 devant les locaux d'Europe 1. — JOHANNA LEGUERRE / AFP

C’est une drôle d’amitié qui les unit. La semaine dernière, l'avocat Robert Bourgi a confirmé que son « ami » François Fillon lui a bien demandé de mentir sur la provenance des costumes qu'il lui avait offerts. Dans le JDD, le candidat dénonce des accusations grotesques.

Chez nos confrères de France Inter, Robert Bourgi racontait la semaine dernière le déroulé de l’affaire qui remonte au 12 mars. Deux costumes, d’une valeur de 13.000 euros, offerts au candidat Les Républicains défraie la chronique.

Mauvaise réputation

« Je me suis fait moi-même ce pari », a expliqué l’avocat. « Si François Fillon gagne la primaire, je vais lui offrir deux costumes d’une maison qu’il apprécie beaucoup et où moi-même je suis client. (…) Il n’y a aucune contrepartie : quand François Fillon était en charge de ministères, puis en charge de Matignon, je ne lui ai jamais rien demandé. »

Après cette révélation qui a entraîné des soupçons de trafic d’influence, tout le monde a voulu savoir qui était l’ami si généreux de François Fillon.

Mais Robert Bourgi, pilier de la Françafrique, a mauvaise réputation. François Fillon lui demande alors de ne pas ébruiter qu’il est l’expéditeur du cadeau.

« Je lui en veux pour cette semaine où il m’a demandé de mentir. Il me dit : "Tu sais comment j’ai engagé ma campagne, les thèmes que j’ai développés, la transparence, l’équité, la vertu… Je ne voudrais pas que ton nom apparaisse." Je lui ai dit : "Pourquoi mon nom ? Je ne suis pas un hors-la-loi, je n’ai jamais été condamné par la justice, je n’ai aucune casserole, un casier judiciaire vierge…" Il me dit : "Non, tu sais, c’est les relents de la Françafrique" J’ai répondu : "J’ai 72 ans dans quelques jours, je vais pas traîner toute ma vie la Françafrique !" »

Cette recommandation a été suivie presque illico par un appel d’Anne Méaux, la responsable communication de la campagne Fillon. Faux, assure le candidat dans le JDD : « C’est totalement faux, déclare-t-il. Mesurez-vous le caractère grotesque de ces accusations ? »

Si l’avocat a respecté cette recommandation au début, le journal Le Monde a confirmé qu’il était bien l’auteur du cadeau. Mais cela ne va pas influencer son vote. Robert Bourgi a confirmé qu’il allait voter Fillon. « Pour qui voulez-vous que je vote ? C’est mon ami. »