Crise en Guyane: Le collectif recule sur le blocage total, Bareigts appelle à lever les barrages

SOCIAL Les véhicules, à l’exception des engins d’urgence, seront toutefois empêchés de franchir les barrages érigés dans les villes…

20 Minutes avec AFP

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La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts à l'Elysée, le 5 avril 2017.
La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts à l'Elysée, le 5 avril 2017. — BERTRAND GUAY / AFP

Le collectif « Pou La Gwiyann dékolé », qui pilote le mouvement social agitant la Guyane  depuis bientôt trois semaines, a reculé dimanche sur le blocage « total » du département qu’elle annonçait pour lundi, une mesure très critiquée au sein de la population.

Si tous les véhicules, à l’exception des engins d’urgence, seront bien empêchés de franchir les barrages érigés dans les villes, « on ne peut pas aujourd’hui faire des blocages pour empêcher les piétons, les vélos et les scooters de passer », a reconnu Olivier Goudet, un porte-parole des « 500 frères contre la délinquance », interrogé par des journalistes.

Dimanche, la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a exhorté les Guyanais « à refuser que ce mouvement se transforme en une escalade de violences », et appelé « Pou La Gwiyann dékolé » à lever les barrages.

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« Je demande à ceux dont la mobilisation a permis beaucoup pour la Guyane de permettre à tous de reprendre leur activité en levant les derniers barrages », a demandé la ministre lors d’une déclaration depuis Paris retransmise sur Guyane première.

« Le mouvement social n’avait jamais franchi les limites de la violence »

Jusqu’à vendredi, quand des policiers ont été frappés devant la préfecture et le numéro 2 de la police en Guyane envoyé à l’hôpital, « le mouvement social, qui a réuni de nombreux Guyanais autour de leurs préoccupations légitimes, n’avait jamais franchi les limites de la violence », a regretté Ericka Bareigts.

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« Des individus, dont les motivations n’ont rien à voir avec les préoccupations exprimées dès l’origine, ont voulu profiter » d’un rassemblement de plusieurs personnes devant ce bâtiment pour « provoquer la police et pénétrer de force dans la préfecture, loin de l’esprit pacifique qui animait tous les rassemblements », a-t-elle poursuivi. Ce serait manquer de respect aux Guyanais »

« Ils tentent de récupérer des mouvements à des fins politiques auxquelles la majorité des Guyanais n’a jamais exprimé son adhésion », a indiqué la ministre, en référence à un nouveau statut donnant plus d’autonomie à la Guyane, demandé par le collectif, mais qui avait été refusé par référendum dans ce département en 2010.

Alors que le gouvernement a validé mercredi un plan d’urgence pour la Guyane de plus d’un milliard d’euros et que le collectif réclame 2,1 milliards supplémentaires, la ministre des Outre-mer a par ailleurs fait savoir que l’exécutif actuel n’irait pas au-delà, à quinze jours du premier tour de la présidentielle.

« Ce serait manquer de respect aux Guyanais de valider ces propositions sans qu’elles ne soient étudiées avec la plus grande attention » et « il s’agirait d’un engagement sans valeur qui raisonnablement ne pourrait lier le prochain gouvernement », a-t-elle expliqué.