Désarmement de l'ETA: Près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels trouvées dans les caches d'armes

POLITIQUE Au total, 829 morts sont imputés à l'ETA...

20 Minutes avec AFP

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Des policiers du RAID ont participé à une opération contre l'organisation séparatiste basque ETA le 16 décembre 2016, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Des policiers du RAID ont participé à une opération contre l'organisation séparatiste basque ETA le 16 décembre 2016, dans les Pyrénées-Atlantiques. — Bob Edme/AP/SIPA

Un véritable arsenal. « Près de 3,5 tonnes d’armes, explosifs et matériels » ont été « trouvées » dans les huit caches désignées par l’organisation séparatiste basque ETA, a indiqué samedi Bernard Cazeneuve.

« Le gouvernement français se félicite de cette opération, menée dans le calme et sans violence », salue le Premier ministre dans un communiqué. « C’est là une étape décisive vers la fin du terrorisme indépendantiste basque », estime Bernard Cazeneuve, qui « veut exprimer une pensée pour les 829 victimes de l’ETA, et pour les milliers de personnes blessées par ses actions terroristes ».

« Désarmement total »

ETA, qui a renoncé à la lutte armée en 2011 et annoncé son « désarmement total » ce samedi, a livré aux autorités françaises une liste de caches d’armes, un geste salué par Paris mais insuffisant pour l’Espagne, qui appelle l’organisation séparatiste basque espagnole à s’auto-dissoudre.

Selon Bernard Cazeneuve, « près de 3,5 tonnes d’armes, explosifs et matériels nécessaires à la fabrication d’engins explosifs ont été trouvées » dans ces caches. « Les produits dangereux seront détruits. Armes et matériels vont être expertisés sous l’autorité de la justice qui travaillera, comme toujours, en étroite collaboration avec la justice espagnole afin de vérifier si les éléments recueillis peuvent aider à résoudre des affaires toujours en cours », poursuit-il. « Il pourra également ainsi être établi si le désarmement est effectivement total », fait valoir le chef du gouvernement.

« L’inventaire précis (…) est en cours »

« Sur les sites indiqués, ont été découverts, dans des bidons et sacs, des dizaines d’armes de poing et d’épaule, des milliers de munitions, plusieurs centaines de kilogrammes d’explosifs et produits entrant dans la composition d’explosifs, plusieurs centaines de détonateurs et retardateurs », a détaillé de con côté le parquet de Paris dans un communiqué. « L’inventaire précis (…) est en cours », a précisé le parquet, qui a ouvert le 4 avril une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs et infractions sur les armes et sur les explosifs en bande organisée, le tout en lien avec une entreprise terroriste.

Confiée à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les investigations visent notamment à déterminer si certaines armes ont été utilisées par le passé, selon une source proche de l’enquête. Les éléments recueillis seront « communiqués, pour y être exploités, aux autorités judiciaires espagnoles, dans le cadre des dispositifs d’entraide pénale existant entre les deux pays », a souligné le parquet.

ETA (Euskadi ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté), toujours classée «organisation terroriste» par l'Union européenne, avait annoncé son «désarmement total» pour samedi, dans un communiqué adressé à la BBC. Pour ETA, historiquement, la France et particulièrement le Sud-Ouest ont été une véritable «base arrière».

L'ETA fait son «show»

D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'organisation est «à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres». Un point de vue partagé par Jean Chalvidant, un expert du conflit basque. Selon lui, ETA a mis en scène un «show» pour redorer une «image désastreuse» alors qu'«elle se sait vaincue».

L'organisation clandestine, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Au total, 829 morts lui sont imputés, tandis qu'au moins 62 de ses militants ont été tués par des groupes para-policiers.

En marge de l'opération de samedi, un «grand rassemblement populaire» a eu lieu à Bayonne sur le thème «Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix». Selon la police, 6.000 à 7.000 personnes, en majorité venues du Pays Basque espagnol, 20.000 selon les organisateurs, y ont participé aux cris de «Independentzia» («Indépendance»).