Guyane: L'ancienne ministre des Outre-Mer craint que la crise «ne se termine mal»

OUTRE-MER Vendredi, un commissaire a été «sérieusement blessé» lors d'une manifestation qui a dégénéré devant la préfecture...

M.B.

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L'anciennne ministre de l'Outre-mer George Pau-Langevin, à Paris le 18 février 2016
L'anciennne ministre de l'Outre-mer George Pau-Langevin, à Paris le 18 février 2016 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Elle ne cache pas son inquiétude. Pour la première fois, depuis le début de la crise en Guyane, l’ancienne ministre des Outre-mer, redevenue députée, George Pau-Langevin, dit craindre « que ça ne se termine mal ». « Cela fait trois ans que l’on négociait un pacte pour la Guyane, il n’y a toujours pas eu d’accord, je le regrette. Un compromis sur une somme d’argent aurait pu permettre de mettre des actions en route », a-t-elle affirmé samedi, selonLe Parisien, en marge de l’inauguration de la semaine de l’Outre-mer à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne).

Un commissaire blessé

Si elle comprend « l’exaspération des Guyanais», selon elle, «la crise survient un peu tard, à un moment où les ministères ne sont plus en mesure d’agir en cette fin de quinquennat. Si des promesses sont faites, que vaudront ces paroles ? Je crains que ça ne se termine mal. »

Vendredi, un cap a été franchi dans le mouvement de contestation démarré il y a plus de deux semaines en Guyane. Un commissaire ayant été « sérieusement blessé » lors d’une manifestation qui a dégénéré devant la préfecture. Blessé lourdement à la clavicule, « cet homme est resté » inconscient au sol pendant une dizaine de minutes » et « on a été obligé d’utiliser du gaz lacrymogène pour l’extraire », avant qu’il ne soit évacué par les secours, a déclaré dans la nuit de vendredi à samedi Laurent Lenoble, directeur de cabinet du préfet de Guyane, à l’AFP.

Des violences condamnées par l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, a « condamné avec la plus grande fermeté les violences commises contre les forces de l’ordre ». Plusieurs autres policiers, ainsi qu’un autre commissaire, ont en effet été « légèrement blessés » après avoir été également frappés, selon Laurent Lenoble. Le collectif a « pris un tournant » qui est « loin de respecter les valeurs républicaines » et il s’est « discrédité », a-t-il regretté.

« A cette heure, l’état de santé du commissaire n’inspire plus d’inquiétude », a toutefois indiqué Matthias Fekl dans un communiqué, saluant « le grand professionnalisme et le sang-froid des forces de l’ordre ».

D’après un membre du collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (Pour que la Guyane décolle), qui organisait depuis le milieu d’après-midi un rassemblement devant la préfecture, pour exiger la prise en compte de ses revendications, les « 500 frères contre la délinquance », un groupe dont les membres encagoulés encadrent les manifestations, « avaient fait un cordon devant les policiers ». « Mais la foule a réussi à porter des coups ».

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