Sud-Ouest: ETA a fourni à la police française une liste de 12 caches d'armes

TERRORISME Euskadi Ta Askatasuna (ETA) a annoncé dans un communiqué à la BBC son «désarmement total» pour ce samedi 8 avril...

B.D. avec AFP

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Photo diffusée par la BBC d'une lettre adressée à la communauté internationale par ETA, datée du  7avril 2017, indiquant son désarmement total le  8 avril 2017.
Photo diffusée par la BBC d'une lettre adressée à la communauté internationale par ETA, datée du 7avril 2017, indiquant son désarmement total le 8 avril 2017. — BBC / AFP

L'organisation séparatiste basque espagnole ETA a fourni à la police, via des «artisans de la paix» de la société civile française, une liste de 12 caches d'armes dans le Sud-Ouest de la France, a-t-on appris ce samedi matin de sources proches du dossier.

Ces 12 caches d'armes et d'explosifs, qui constitueraient ce qu'il reste de l'arsenal d'ETA, sont situées dans le département des Pyrénées-Atlantiques et non dans les départements du Gers et des Hautes-Pyrénées, contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps, a-t-on précisé de mêmes sources.

«Désarmement total» ce samedi

ETA, qui avait renoncé à la lutte armée en 2011 mais est toujours classée comme «organisation terroriste» par l'Union européenne (UE), avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la radio-télévision britannique BBC, son «désarmement total» pour le samedi 8 avril.

La Commission internationale de vérification, une structure non-reconnue par Madrid et Paris, qui oeuvre pour la fin du conflit au Pays Basque, doit tenir une conférence de presse ce samedi matin à la mairie de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et fournir des détails. Censée «authentifier le désarmement» du mouvement clandestin, elle comprend notamment un ancien secrétaire général d'Interpol, le Britannique Raymond Kendall.

Dans un communiqué commun, les gouvernements autonomes du Pays Basque espagnol (Euskadi) et de la Navarre, ainsi que la Communauté d'Agglomération Pays Basque français, présidée par un élu de centre-droit, Jean-René Etchegaray (UDI), ont expressément soutenu vendredi la démarche de la Commission internationale de vérification.

Des spécialistes du déminage mobilisés au Pays Basque français

Dans cette perspective, les services de police, ainsi que des spécialistes du déminage, sous l'autorité du Parquet antiterroriste à Paris, compétent en la matière, sont mobilisés au Pays Basque français et «prêts à intervenir à tout moment», indique-t-on de sources proches du dossier.

Car, historiquement pour ETA, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest, ont été une véritable «base arrière».

D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'arsenal d'ETA comprendrait environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs, pour l'essentiel volées en France. Selon ces experts, ETA est «à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres».

«Grand rassemblement populaire» à Bayonne

En marge de l'opération de «désarmement» elle-même, un «grand rassemblement populaire» est organisé ce samedi à Bayonne à 15h, sur le thème «Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix», auquel sont attendus plusieurs milliers de participants.

ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté), née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre et 829 morts attribués à son mouvement clandestin. Mais ETA refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (environ 360, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison).