Guyane: Un policier «sérieusement blessé» dans une manifestation

OUTRE-MER La contestation semble avoir franchi un nouveau cap, vendredi...

20 Minutes avec AFP

— 

Des manifestants à Kourou, en Guyane, le 4 avril 2017.
Des manifestants à Kourou, en Guyane, le 4 avril 2017. — NICOLAS QUENDEZ/SIPA

Un commissaire « sérieusement blessé », du gaz lacrymogène utilisé… Le mouvement de contestation qui dure depuis près de trois semaines en Guyane a dégénéré, vendredi.

« On comprends vos préoccupations. On comprend vos revendications. Mais ce soir, ça part en live. Le commissaire est sérieusement blessé », a déclaré un policier au mégaphone depuis la porte d’entrée de la préfecture, barricadée. « Vous revendiquez la non-violence, soyez à la hauteur de vos revendications », a-t-il lancé.

Les « 500 frères contre la délinquance », un groupe dont les membres portent une cagoule et encadrent les manifestations, « avaient fait un cordon devant les policiers. Mais la foule a réussi à porter des coups », a déclaré un membre du collectif « Pou La Gwiyann dékolé » (Pour que la Guyane décolle), qui organisait depuis le milieu d’après-midi un rassemblement devant le bâtiment administratif, pour exiger la prise en compte de ses revendications.

« Du foutage de gueule »

L’ambiance était devenue électrique, alors qu’une délégation affirmant avoir un rendez-vous avec le préfet avait longuement patienté, avant d’être éconduite. La préfecture n’a pu être jointe par l’AFP pour commentaire.

« C’est du foutage de gueule. Il ne faudra pas pleurer après cela. C’est de la faute de la France », avait déclaré peu avant les incidents Mikaël Mancée, un porte-parole des « 500 frères », tandis que les esprits s’échauffaient. « Nous venons chercher la discussion, et on nous amène les lacrymos », a vitupéré après-coup Dimitri Guard. Et ce cadre du collectif de s’interroger : « devant la préfecture, il y a beaucoup enfants. On ne peut déjà pas leur proposer d’éducation en Guyane. Est-ce qu’en plus il faut les gazer ? »

La population divisée

La Guyane connaît depuis trois semaines un mouvement social sur fond de revendications sécuritaires, sécuritaires, sanitaires et éducatives. Alors que le Conseil des ministres a validé mercredi une aide d’urgence de plus d’un milliard d’euros à destination de ce département d’Outre-mer sinistré, « Pou La Gwiyann dékolé » réclame 2,1 milliards supplémentaires.

Le mouvement semblait être entré dans une phase de division, de nombreux Guyanais appelant au démantèlement des barrages érigés sur le territoire, alors que d’autres affirment vouloir aller « jusqu’au bout ».

Jeudi soir, après un jour et demi d’attente, le collectif avait annoncé qu’il maintenait le dispositif. « Si on lève les barrages, la plupart des gens retourneront travailler. Et c’en sera fini du mouvement », avait commenté un membre du collectif. La maire de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth (PS), interrogée par l’AFP, a appelé à « arrêter la crise ».

Vendredi, la plupart des magasins avaient rouvert leurs portes dans le centre de Cayenne où la circulation était plus dense.