Crise en Guyane: Les blocages se poursuivent, la population partagée

SOCIAL Après 20 jours de crise, la situation devient de plus en plus tendue...

20 Minutes avec AFP

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Des manifestants à Kourou, en Guyane, le 4 avril 2017.
Des manifestants à Kourou, en Guyane, le 4 avril 2017. — NICOLAS QUENDEZ/SIPA

La mobilisation continue. Le collectif « Pou La Gwiyann dékolé », malgré un soutien fléchissant, a décidé de poursuivre le mouvement de contestation démarré il y a plus de deux semaines en Guyane, malgré des craintes de pénurie de plus en plus fortes.

« Nous maintenons les barrages jusqu’à nouvel ordre », a affirmé Dominique Mangal, le président de l’Union guyanaise des transporteurs routiers. « Depuis vingt jours, nous sommes sur le front. Nous maintenons le dispositif », a insisté cette figure du collectif au terme d’une longue conférence de presse organisée sur un rond-point de Cayenne.

« Economiquement, nous étions déjà dans le rouge, là c’est pire »

La décision, attendue depuis un jour et demi, intervient alors que les Guyanais se divisent sur la poursuite du blocage, dont l’organisation passe essentiellement par les réseaux sociaux et certaines radios. « Pluie diluvienne aujourd’hui sur la Guyane : même Dieu veut que vous leviez les barrages », lance un Guyanais dans un groupe de discussion WhatsApp. « Lancer ce mouvement a été salutaire, en sortir est maintenant devenu nécessaire », quand un autre appelait à aller « au bout des choses ».

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« Il est temps d’arrêter la crise », a estimé la mairesse de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth (PS), interrogée par l’AFP. « Economiquement, nous étions déjà dans le rouge, là c’est pire », a poursuivi l’élue, qui a dit « donner des vivres à des familles en attendant le retour à la normale », qu’elle « espère lundi ».

Pénuries généralisées

Jeudi, la plupart des magasins avaient rouvert leurs portes dans le centre de Cayenne et les passants étaient plus nombreux. Une « grève générale illimitée » a été décrétée le 25 mars en Guyane. Mais l’activité économique, du fait des barrages installés dans les villes, est stoppée depuis plus de deux semaines.

Le blocage du port de Cayenne, par lequel passent plus de 90 % des importations et exportations de la Guyane, induit en outre des pénuries. Dans les supermarchés, les rayons de produits frais sont complètement vides. Il faut « envisager la levée des barrages » sans quoi « le département devra faire face à une pénurie alimentaire de produits de première nécessité », ont estimé dix importateurs de l’agroalimentaire dans un communiqué.

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Air France a annulé son vol direct prévu ce vendredi entre Paris et la Guyane, comme cela avait déjà été le cas jeudi, selon des informations disponibles sur le site internet de la compagnie aérienne.

A l’Elysée, un conseil des ministres a validé un plan d’urgence de plus d’un milliard à destination de la Guyane. Mais le collectif exige 2,1 milliards d’euros supplémentaires. Alors que les « 428 propositions du collectif » guyanais ont « été travaillées en totalité » et que le plan gouvernemental y répond « à hauteur de 75 % », la ministre des Outre-mer a indiqué mercredi que le gouvernement ne souhaitait pas « engager l’Etat sur des mesures qui n’auraient pas demain de réalité ».