Attentats de Paris: Mohamed Abrini se livre aux enquêteurs et décrit des terroristes «calmes, tranquilles»

TERRORISME Le Belge a raconté ce qui s’est passé la veille du 13 novembre et durant ses semaines de cavale…

C. Ape.
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Photo montage de la police fédérale belge montrant Mohamed Abrini
Photo montage de la police fédérale belge montrant Mohamed Abrini — HO Belgian Federal Police

Mohamed Abrini est sorti de son silence. Le Belge de 32 ans, soupçonné d’être impliqué dans les attentats de Paris, Saint-Denis et Bruxelles et incarcéré en Belgique depuis le 8 avril 2016, a accepté de s’entretenir avec la juge en charge de l’affaire en Belgique, a révélé mardi France inter.

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« Je sais qu’ils vont aller vers la mort »

Le 1er juin dernier, alors que « l’homme au chapeau » « est auditionné, il revient sur les préparatifs du 13 novembre. » « C’est le convoi de la mort, c’est trois voitures qui se suivent », dit-il en parlant du 12 novembre. L’homme, accompagné des frères Abdeslam, se rend à Charleroi où ils sont rejoints par d’autres membres des commandos avant de faire route vers la capitale française.

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« Tous les gars qui étaient dans l’appartement, dans le convoi, c’étaient mes derniers potes (…) Dans ma tête je sais qu’ils vont aller vers la mort. (…) C’est comme si je les accompagne vers leurs derniers instants », explique Mohamed Abrini. De ses compagnons, il dit : « Ils étaient calmes, tranquilles. Ils préparaient à manger dans la cuisine, regardaient la télé. Je ne voyais pas de stress en eux. » Il abandonne alors les membres du commando et retourne sur Bruxelles en taxi.

Pendant sa cavale, le deuxième homme le plus recherché après Salah Abdeslam - alors lui aussi en fuite - est récupéré par les autres membres du commando. Il va partager leurs planques, et même croiser Salah Abdeslam. « Il était pâle, fatigué (…). Il m’a dit que voilà, c’était fait. »

Des déménagements en série

Puis les déménagements se succèdent. Un appartement de Schaerbeek, dans lequel se trouve « un genre de bac avec de la poudre qui sert au TATP et des fils. » A Jette, ils s’entassent à six dans un « tout petit » appartement. « Il y avait beaucoup d’humidité. Je n’ai pas vu de fabrication d’explosifs là-bas. Pour préparer ces choses-là, il faut de l’espace, un appartement en hauteur, c’est ce que Najim (Laachraoui mort le 22 mars après s’être fait exploser à  l’aéroport de Zaventem) m’avait dit car l’odeur est insoutenable. » Puis à Forest, dans un appartement où « les murs [sont] en carton. Tous les soirs, on entendait les galipettes du couple au-dessus ».

C’est ici que le commando se sépare. Mohamed Belkaïd, Salah Abdeslam et Sofien Ayari restent dans l’appartement où le premier sera tué lors d’une intervention policière. Salah Abdeslam et Sofien Ayari prennent la fuite avant d’être interpellés par la police belge peu après.

Dans le même temps, Mohamed Abrini, Najim Laachraoui et Ossama Krayem se cachent dans une autre planque d’où ils partiront le 22 mars pour commettre les attentats de Bruxelles et Zaventem.