Puteaux: La fille de la maire sous le coup d'une enquête pour fraude fiscale

JUSTICE Emilie Franchi est soupçonnée d’avoir touché des fonds non déclarés de la part de sa mère, Joëlle Ceccaldi-Raynaud…

20 Minutes avec agences

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La maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud, le 10 juin 2015 à Puteaux
La maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud, le 10 juin 2015 à Puteaux — STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Une enquête pour fraude fiscale visant Emilie Franchi, la fille de la maire de Puteaux (Hauts-de-Seine), soupçonnée d’avoir touché des fonds non déclarés de la part de sa mère, Joëlle Ceccaldi-Raynaud (LR).

Une première enquête préliminaire, dont l’office central de lutte contre les infractions fiscales et financières (OCLIFF) est en charge, avait été ouverte contre X « pour blanchiment de fraude fiscale » en mai 2016, a indiqué le parquet de Nanterre, confirmant ce vendredi une information de Mediapart.

Une plainte de la commission des infractions fiscales de Bercy

Cette enquête a ensuite été élargie en janvier, à la suite d’une plainte de la commission des infractions fiscales de Bercy. Elle vise désormais nommément Emilie Franchi pour « fraude fiscale ». Les enquêteurs ont procédé à des perquisitions en mars, a encore indiqué le parquet.

Les soupçons de fraude étaient nés à la suite d’un article de Mediapart paru en septembre 2015, qui faisait état d’un retrait par la maire de Puteaux de 102 lingots d’or (à l’époque, environ 2 millions d’euros) et près de 865.000 euros en liquide sur un compte non déclaré au Luxembourg, argent transféré après conversion en numéraire à sa fille, Emilie Franchi.

Lingots d’or et chauffage truqué

Interrogée après ces révélations, Joëlle Ceccaldi-Raynaud avait toujours démenti avoir possédé ces lingots. Selon un nouvel article de Medipart paru jeudi, la maire de Puteaux aurait pourtant reconnu en novembre 2015 et devant un juge d’instruction l’existence de ce compte. Elle a également admis avoir « fait surtout l’erreur de ne pas avoir rapatrié cet argent en France ».

Cette audition s’inscrivait dans le cadre d’une autre affaire, celle sur le marché présumé truqué du chauffage de La Défense, dans laquelle l’ancien homme fort de Puteaux et père de l’élue, Charles Ceccaldi-Raynaud, a été mis en examen en 2007 pour « corruption passive et favoritisme ». Joëlle Ceccaldi-Raynaud, avec qui il est en guerre depuis des années, est témoin assisté dans cette procédure.

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Lors de cette audition, qui visait à confronter père et fille, Charles Ceccaldi-Raynaud a suggéré que ces fonds litigieux provenaient de pots-de-vin versés par le gagnant du marché. Joëlle Ceccaldi-Raynaud s’en est défendue, en affirmant qu’il s’agissait d’un héritage d’une grand-mère corse.