Policiers grimés en Noirs lors d'une soirée: Le Défenseur des droits demande des sanctions

JUSTICE Un manquement à « leur devoir d’exemplarité », selon le Défenseur des droits…

20 Minutes avec AFP

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Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le 26 février 2016 à Paris
Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le 26 février 2016 à Paris — Geoffroy Van der Hasselt AFP

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a recommandé que des sanctions disciplinaires soient prises contre cinq policiers que des photos postées sur Internet en 2014 montraient grimés en Noirs lors d’une soirée privée, a-t-on appris ce mardi auprès de ses services.

Le Défenseur « recommande l’engagement de poursuites disciplinaires » à l’encontre des cinq policiers « pour avoir manqué gravement à leur devoir d’exemplarité » et « manqué de discernement » en « publiant sur les réseaux sociaux des photographies à caractère raciste », selon cette décision.

Les associations indignées 

Les faits remontent à juin 2014, lors d’une soirée au cours de laquelle ces policiers du commissariat du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), en civil et hors service, s’étaient grimés en Noirs avant de diffuser les photos sur le réseau Facebook. Des associations s’étaient alors indignées de cette « soirée Blackface », un terme désignant les caricatures théâtrales de Noirs.

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), rappelant les « postures simiesques » et les « bananes à la main » des protagonistes, s’est félicité de voir que « le Défenseur des droits reconnaît que ces policiers ont commis un acte raciste ». A l’époque, l’avocat de l’une des mis en cause, Me Abraham Johnson, avait balayé ces accusations, assurant à l’AFP que « tout cela est un jeu, certes ce n’est pas très glorieux mais ce n’est en aucun cas du racisme ».

Le « blackface », une pratique raciste

Le Cran a, par ailleurs, relevé que « le Défenseur des droits reconnaît de fait que le blackface est une pratique raciste ». « Tous ceux qui se griment de la sorte en se retranchant derrière l’art ou l’humour le sauront désormais », a souligné dans un communiqué Louis-Georges Tin, président du Cran qui « se chargera de poursuivre tous ceux qui s’y adonnent ».

Une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale » avait été ouverte en 2014 mais « le parquet, se fondant sur l’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), avait classé l’affaire sans suite », a rappelé le Cran.