VIDEO. Guyane: Santé, sécurité, éducation... Les principales revendications des grévistes

MOBILISATION Les manifestants ont écrit une liste de propositions communes à tous les collectifs... 

Lucie Bras

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Des manifestants réunis à Cayenne à l'appel des syndicats enseignants, le 27 mars 2017.
Des manifestants réunis à Cayenne à l'appel des syndicats enseignants, le 27 mars 2017. — JODY AMIET / AFP

Barrages, véhicules à l’arrêt et rassemblements programmés dans les grandes villes : le plus grand département français est toujours paralysé ce mardi par une grève générale, « la plus grosse manifestation jamais organisée » sur le territoire selon la préfecture. L’annonce par Bernard Cazeneuve de l’arrivée d’une délégation ministérielle d’ici la fin de la semaine n’a pas calmé le jeu. Voici les revendications des Guyanais pour relancer leur département en matière d’éducation, de santé ou encore de sécurité.

Plus de sécurité 

Les Guyanais demandent depuis longtemps plus de sécurité à l’aéroport, où transitent beaucoup de « mules », ces personnes chargées de transporter de la drogue dans leur valise ou en capsules dans leur estomac.

Pour améliorer la situation, les manifestants recommandent l’installation d’un scanner et d’une radiographie à l’aéroport dès cette année, ainsi qu’une augmentation des effectifs de police et de douane. Ils réclament également l’éradication des squats dans les quartiers populaires, véritables vecteurs d’insécurité.

En parallèle, ils souhaitent la création d’un préfet de police pour le département : une fonction qui n’existe qu’en Ile-de-France et dans les Bouches-du-Rhône.

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Une amélioration des conditions sanitaires

Manque de moyens, maladies nosocomiales, délais d’attentes élevés, manque d’équipement… Les conditions sanitaires dans les trois hôpitaux du département laissent à désirer. Les revendications concernent majoritairement le Centre hospitalier de Kourou (CMCK) : les manifestants demandent l’annulation du projet de privatisation en faveur d’un grand groupe américain.

Ils réclament le départ du gestionnaire actuel, la Croix-Rouge, et la « transformation du CMCK en établissement de santé public ». Les grévistes exigent aussi plus de moyens pour les trois établissements de santé.

Des efforts dans l’éducation

Les manuels scolaires des Guyanais sont les mêmes que ceux de tous les autres jeunes Français. Problème : très peu de mentions de la Guyane y figurent. Les syndicats souhaitent une « adaptation » des programmes, qui incluraient la géographie du territoire comme des cours de sciences basés sur la nature guyanaise.
Les grévistes demandent également la construction de 5 lycées, 10 collèges et 500 classes de primaire, ainsi que la création de postes de professeurs.

Dans ce département, le décrochage scolaire explose et les jeunes sortent de l’école sans diplôme : ils étaient 9.000 en 2011. En Guyane, il y a deux fois moins d’adultes pour encadrer les élèves que dans les autres académies françaises.

Vote d’un pacte d’avenir

François Hollande l’avait promis en 2013 lors de son passage dans le département. Le pacte d’avenir, qui devait relancer la Guyane, est resté lettre morte jusqu’au 17 mars 2017, où des avancées ont été réalisées entre le gouvernement et les syndicats.

Toujours pas signé, mais en passe de l’être, ce pacte comprend des propositions qui doivent permettre au département de sortir de son marasme : un rééchelonnement d’un an pour le RSA, le doublement d’un pont à Cayenne, cession par l’Etat de 200.000 hectares de foncier pour les communes et la Collectivité territoriale, un plan hospitalier…

A deux mois de la présidentielle et de la nomination du prochain gouvernement, les Guyanais comptent bien profiter de l’occasion pour peser dans la balance politique.