Crise en Guyane: «Journée morte» annoncée après un démarrage timide de la grève générale

MOBILISATION Air France, dont les avions ne desservent plus Cayenne depuis dimanche, a annulé son vol pour mardi...

20 Minutes avec AFP

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La mobilisation était timide pour le démarrage de la
La mobilisation était timide pour le démarrage de la — JODY AMIET / AFP

Ce mardi doit être une « journée morte » en Guyane après un démarrage timide de la « grève générale illimitée ». Des marches se tiendront en parallèle à Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni, à l’appel du collectif « Pou la Gwiyann dékolé » (« pour que la Guyane décolle »). Ce sera « la première démonstration de rue au-delà des barrages », a affirmé l’un des porteurs du mouvement.

Une mobilisation inférieure aux derniers jours

Air France, dont les avions ne desservent plus Cayenne depuis dimanche, a annulé son vol pour mardi.

Lundi à Cayenne, pour le premier jour de « grève générale illimitée », les commerces étaient ouverts. Des banderoles « nous bon ké sa » (« ça suffit ») étaient visibles partout sur le territoire. Mais la mobilisation était bien inférieure à celle des jours précédents.

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Alors que des centaines de manifestants se tenaient autour des barrages routiers dans Cayenne ce week-end, ils n’étaient que quelques dizaines lundi à bloquer la circulation. Quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant le rectorat, avant de former une chaîne humaine.

« On attend la ministre »

Le collectif « Pou la Gwiyann dékolé », majoritaire, a édifié une plateforme de revendications communes, de la construction d’écoles à l’intensification de la lutte contre l’orpaillage, en passant par le paiement des arriérés aux fournisseurs de l’hôpital de Cayenne.

« La première priorité, c’est la lutte contre l’insécurité, le renforcement des moyens », a toutefois déclaré le président Hollande depuis Singapour.

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« Une délégation ministérielle sera sur place avant la fin de la semaine » pour conclure les discussions engagées par la mission de hauts fonctionnaires dépêchée samedi, avait annoncé Bernard Cazeneuve, au côté de la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts. « On attend la ministre », a répliqué lundi soir Jean-Hubert François, président du syndicat des Jeunes agriculteurs, membre du collectif.

« On ne dialogue pas en cagoule »

« On ne dialogue pas en cagoule. On dialogue le visage découvert. Il faut que la confiance soit présente », a de son côté insisté le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl, depuis Bruxelles.

« On a l’impression que le gouvernement ne perçoit pas le ras-le-bol de la population », dont « encore 30 % (…] n’a pas accès à l’eau potable ou à l’électricité », a déploré le sénateur PS de Guyane, Antoine Karam, sur BFMTV.

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L’ancienne ministre de la Justice et personnalité guyanaise Christiane Taubira appelle au dialogue dans Le Parisien de mardi « sinon le blocage va durer ».