Maltraitance à l'abattoir du Vigan: Un an de prison avec sursis requis contre le principal prévenu

JUSTICE «Actes de cruauté» et «mauvais traitement»...

Manon Aublanc avec AFP

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Extrait de la vidéo publiée par L214 dénonçant l'abattoir du Vigan (Gard).
Extrait de la vidéo publiée par L214 dénonçant l'abattoir du Vigan (Gard). — Capture d'écran

Un « avertissement suffisamment sévère pour éviter toute réitération ». Le procureur a requis, ce vendredi, à Alès un an de prison avec sursis contre le principal prévenu dans l’affaire de maltraitance à l’abattoir bio du Vigan. L’homme a été décrit comme ayant un « côté sadique » selon le magistrat.

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Le procès, qui s’est ouvert ce jeudi dans un petit tribunal bondé et entouré d’un important dispositif policier, faisait suite à la diffusion en février 2016 d’une vidéo choc de l’association de défense des animaux L214, tournée en caméra cachée dans cet établissement, des méthodes contestées par la défense.

Jugé pour « actes de cruauté » et « mauvais traitements »

Devant le tribunal correctionnel, le procureur Nicolas Hennebelle a également demandé contre Marc Soulier une « interdiction d’exercer une activité professionnelle dans un abattoir pendant cinq ans », une interdiction « de détenir des animaux de rente » et 3.400 euros d’amende. Jugé pour « actes de cruauté » et « mauvais traitements » sur des animaux, ce titulaire d’un CAP de boucher est passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Le procureur a estimé que Marc Soulier, un fils d’éleveur âgé de 24 ans qui a depuis les faits été licencié, avait « la responsabilité la plus lourde », citant notamment des coups d’électronarcose portés sur le museau de brebis « de façon totalement gratuite, pour provoquer la souffrance, les rires [d’un autre employé, ndlr] accréditant le côté sadique » de l’épisode visible sur les images de l’association.

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Des peines de 150 et 600 euros d’amende ont également été requises contre deux autres employés de l’abattoir, ainsi que 6.000 euros d’amende contre la communauté de communes du pays viganais. Cette collectivité gérait l’établissement qui doit être repris à partir du 30 avril par un collectif d’éleveurs. La présidente, Amandine Abegg, a mis le jugement en délibéré au 28 avril à 9h.

Le scandale des abattoirs

Le procureur a par ailleurs dénoncé des « actes d’intimidation, menaces, parfois des menaces de mort qui sont parfaitement inacceptables » contre des personnels de l’abattoir depuis le scandale, insistant sur le fait que ces faits seraient poursuivis.

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Dans sa plaidoirie, Me Henri Isenberg a expliqué que son client, un des deux autres employés impliqués, dont il a demandé la relaxe, n’avait « pas eu la force d’assister à cette audience ». Il a dénoncé une « médiatisation traumatisante », accusant L214 de s’être servi de « l’abattoir du Vigan comme d’une caisse de résonance ».

Une dizaine d’associations de défense des animaux, dont L214 et la SPA, se sont portées parties civiles et ont demandé des dommages et intérêt totalisant plusieurs dizaines de milliers d’euros.