Euthanasie: Condamnée par la maladie de Charcot, elle interpelle les candidats à la présidentielle

SANTE Anne Bert, une Française de 59 ans estime que la loi Claeys-Leonetti qui prévoit la mise sous sédation profonde ne répond pas au droit des malades à disposer de leur corps...

20 Minutes avec agence

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Une chambre de patient en fin de vie.
Une chambre de patient en fin de vie. — PFG/SIPA/SIPA

Souffrant d’une maladie incurable, elle appelle dans une lettre les candidats à l’élection présidentielle à se positionner « à propos de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie ». Anne Bert, une Française de 59 ans, est atteinte de la maladie de Charcot, qui va progressivement paralyser tous ses muscles.

Elle le sait, dans la majorité des cas, après l’apparition des premiers symptômes, la terrible maladie laisse trois ans au patient avant une mort certaine. Aussi, la Française a choisi de bientôt recevoir une injection létale, bien avant que la maladie n’empêche la parole et la déglutition et que ses muscles respiratoires soient atteints.

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« Je me suis donné une limite »

« Je me suis donné une limite : celle de pouvoir porter une cuiller à la bouche. On ne me donnera pas la becquée. Ce serait une atteinte à mon intégrité, à mon intimité », a confié la semaine dernière à Sud-Ouest la quinquagénaire, directrice de collection littéraire en Charente-Maritime.

Pour réaliser sa volonté, Anne Bert devra cependant se rendre en Belgique, la France interdisant l’aide active à mourir. En effet, la loi Claeys-Leonetti votée en août 2016 prévoit la mise sous sédation profonde, évitant ainsi l’acharnement thérapeutique.

Une lettre adressée à cinq candidats

Mais cette loi « répond plus aux préoccupations des médecins qu’aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d’insupportables souffrances », écrit Anne Bert dans sa lettre envoyée à cinq candidats à la présidentielle, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Selon Le Parisien, seules les équipes d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon auraient pour l’instant répondu à la quinquagénaire.