Attaque à Orly: Comment les forces de l'ordre sécurisent les aéroports

TERRORISME. Un an après l'attentat de l'aéroport de Bruxelles, la menace djihadiste est toujours aussi élevée...

T.C. avec AFP

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Un gendarme sécurise le tarmac d'un aéroport.
Un gendarme sécurise le tarmac d'un aéroport. — Sirpa - Gendarmerie nationale

C’était il y a tout juste un an. Le 22 mars 2016, à 7h58, des terroristes de Daesh font exploser le hall des départs de l’aéroport international de Bruxelles. Le bilan est lourd : quinze personnes sont tuées, et des dizaines d’autres blessées. Depuis, la menace contre les aéroports ne s’est pas affaiblie, comme l’a montré l’attaque, samedi dernier, d’une militaire de la force Sentinelle à Orly. L’enquête menée par les fins limiers de la brigade criminelle s’attache désormais à déterminer si Zyed Ben Belgacem a pu bénéficier de complicité. Deux hommes ont notamment été placés ce lundi en garde à vue, suspectés d’avoir fourni à l’assaillant un pistolet à grenaille.

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L’homme de 39 ans, au passé judiciaire très chargé, a été abattu par des militaires juste après leur avoir lancé : « Je suis là pour mourir par Allah, de toute façon, il va y avoir des morts. » Lundi, François Hollande a de nouveau salué les services de sécurité, « exemplaires, courageux pour neutraliser » l’auteur de l’attaque. « Le risque zéro n’existe pas, mais nous devons faire en sorte » qu’il soit « le plus faible possible », a expliqué le chef de l’Etat lors de l’inauguration du nouveau siège d’ADP. Le plan « Vigipirate Alerte Attentat », en vigueur dans les aéroports depuis janvier 2013, a déjà été considérablement renforcé depuis sa mise en place.

Des « profileurs » qui scrutent la foule

Les voyageurs peuvent également compter sur la présence des militaires de la force Sentinelle, qui patrouillent dans les zones accessibles au public. Les agents de la police aux frontières et ceux des services de renseignement se montrent pour leur part très vigilants dans ces zones particulièrement exposées et font attention à la moindre anomalie. En outre, depuis les attentats de Bruxelles, des mesures supplémentaires ont été mises en place avec notamment des « profileurs » qui scrutent la foule pour détecter les personnes aux comportements anormaux.

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Les forces de l’ordre sont également autorisées à procéder à des fouilles aléatoires des sacs. Des patrouilles cynophiles, dotées de chiens dressés à détecter des explosifs au milieu d’une foule, ont été déployées. La gendarmerie des transports aérien assure pour sa part la sûreté « côté piste ». En plus des policiers et gendarmes présents dans les aéroports, environ 5.000 agents de sûreté assurent au quotidien le contrôle des personnels, des passagers et de leurs bagages, et en soute et aux postes dit « d’inspection filtrage » à Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-le Bourget.

9.000 caméras

Les autorités peuvent également compter sur la présence des 9.000 caméras tournant en permanence à Paris-Charles de Gaulle et à Orly, pour surveiller les lieux. Il y en avait environ dix fois moins en 2007. ADP envisage enfin de mettre en place un système de reconnaissance faciale pour identifier des personnes fichées comme dangereuses. Un dispositif déjà testé à Roissy l’année dernière. Des caméras contenant un algorithme permettant de détecter les comportements suspects existent également sur le marché.