Attaque à Orly: «Nous n’avions aucune certitude que l’assaillant d'Orly ait agi seul»

INTERVIEW Le colonel Francis Formell, commandant de la gendarmerie des transports aériens, revient pour « 20 Minutes » sur l'attaque d'une militaire samedi à Orly et détaille les mesures mises en place pour sécuriser les aéroports français...

Propos recueillis par Thibaut Chevillard

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Les gendarmes sont en charge de la sûreté des aéroports « côté piste ».
Les gendarmes sont en charge de la sûreté des aéroports « côté piste ». — Sirpa - Gendarmerie nationale

Le colonel Francis Formell est à la tête des 1.100 hommes et femmes travaillant au sein de la GTA (Gendarmerie des transports aériens). Avec leurs collègues de la police aux frontières, ils se partagent la sécurisation des aéroports français. La répartition est simple : les zones accueillant les passagers pour les policiers, les pistes pour les gendarmes.

De quelle manière les gendarmes sont-ils intervenus, samedi matin, lorsqu’un homme s’est attaqué à une militaire, à Orly ?

Quand les événements ont eu lieu, une patrouille de la brigade de gendarmerie des transports aériens et des unités des « Psig-sabre » [spécialement formées pour intervenir en cas d’attaque terroriste, NDLR] se trouvaient dans le secteur. Quand elles ont entendu les coups de feu, elles se sont rendues immédiatement sur les lieux. Puis elles ont commencé à sécuriser l’aéroport, en attendant l’arrivée du Raid. Comme nous n’avions aucune certitude que l’assaillant ait agi seul, nous avons recherché ses éventuels complices.

Les gendarmes ont agi dans le cadre du schéma national d’intervention, mis en place par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, en 2016. Il s’agit d’un plan qui organise la coopération entre les différents intervenants en cas d’attaque terroriste. Il prévoit que la force plus proche de l’incident intervient pour faire cesser la menace.

Disposez-vous de plus de moyens pour réaliser vos missions depuis que la menace terroriste s’est intensifiée ?

Suite aux attentats du 13 novembre 2015, la gendarmerie a renforcé ses capacités d’intervention, notamment en créant les « Psig-sabre » en 2016, des unités d’intervention d’élites. Elles disposent de boucliers balistiques, d’armement supplémentaire, de véhicules blindés et bénéficient d’un entraînement renforcé. Nous disposons de deux de ces unités spécialisés sur Orly et Charles De Gaulle. Nous avons également 40 chiens qui détectent les explosifs. Certains sont même capables de détecter des explosifs sur des personnes en mouvement. Nous réalisons aussi des exercices de crise avec les policiers pour améliorer notre coordination et disposons d’une fréquence radio commune.

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Quelles sont les missions de la GTA sur un aéroport pour assurer la sûreté des passagers et des avions ?

La GTA est chargée d’assurer la sûreté « côté piste ». Cette mission est en partie réalisée par des entreprises de sûreté, commissionnées par l’exploitant de l’aéroport. Toutes les mesures de sûreté déployées visent à mettre en place une bulle de protection autour des avions. La vocation de la GTA est de s’assurer que l’ensemble de ces mesures, décidées et imposées par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) ainsi que par les organisations européennes et internationales, soient mises en place correctement.

L’ensemble des personnels qui accèdent aux pistes sont habilités par le préfet, après avoir fait l’objet d’une enquête administrative réalisée par la gendarmerie ou la police. Ces habilitations peuvent être retirées en cas de doute. Par ailleurs, nous disposons de tireurs d’élite pour assurer les protections des hautes autorités qui prennent l’avion. Enfin, nous menons des missions de renseignement, notamment en matière de lutte contre la radicalisation.