Saisie record de cannabis en 2015: La garde à vue de l'ex-patron de l'office antidrogue prolongée

JUSTICE La justice s’interroge sur les pratiques de l’office antidrogue et ses liens avec les indicateurs...

20 Minutes avec AFP
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François Thierry, ex-patron de l'office antidrogue
François Thierry, ex-patron de l'office antidrogue — PATRICK KOVARIK / AFP

La garde à vue de quatre policiers, dont l’ex-patron de l’office de lutte antidrogue (Ocrtis) François Thierry a été prolongée ce mardi dans les locaux de la « police des polices », dans l’enquête sur une saisie record de cannabis en 2015 à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.

Entendus dès lundi matin à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), François Thierry, l’actuel n°2 de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) et Patrick Laberche, un commandant de police et un brigadier-chef de cet office, ont vu leur garde à vue prolongée selon cette source. Les quatre policiers peuvent être interrogés pendant 96 heures, la durée maximale dans une enquête pour trafic de stupéfiants.

Placé en garde à vue début mars dans une autre enquête

Au moins deux autres policiers de l’Ocrtis ont en outre été entendus comme simples témoins lundi à l’IGPN, selon une source proche de l’enquête. Les enquêteurs ont par ailleurs mené des perquisitions dans les bureaux des personnes en garde à vue et aux domiciles de François Thierry et Patrick Laberche.

Désormais en poste à la Sous-direction antiterroriste (SDAT), François Thierry avait déjà été placé en garde à vue début mars dans une enquête confiée depuis mi-2013 à des juges d’instruction, après une saisie de cocaïne à l’aéroport parisien d’Orly.

Les liens police et indics étudiés

Dans ces deux affaires, la justice s’interroge sur les pratiques de l’office antidrogue et ses liens avec les indicateurs. La saisie record de sept tonnes de cannabis avait été réalisée le 17 octobre 2015 à Paris par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et les investigations confiées aux policiers de l’Ocrtis.

Mais très vite, le parquet de Paris avait dessaisi l’office spécialisé après avoir découvert que cette livraison de drogue était le fruit d’une opération secrète de ce même service, pour infiltrer un réseau, avec l’aide d’un indicateur, Sofiane Hambli, qui s’avère aussi être un trafiquant chevronné.