Attaque à Orly: À Roissy, où certains vols ont été déroutés, les passagers entre agacement et résignation

REPORTAGE L'attaque d'une militaire de la force Sentinelle à l'aéroport d'Orly ce samedi matin a entraîné le déroutement de certains vols vers Roissy...

Clémence Apetogbor

— 

L'aéroport de Roissy ce samedi 18 mars 2017.
L'aéroport de Roissy ce samedi 18 mars 2017. — C.APETOGBOR/20MINUTES

Redouane semble un peu perdu. Il déambule dans l’un des halls du terminal 1 de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, où le calme règne en ce début de samedi après-midi.

>> A lire aussi : Suivez la situation en direct par ici

Son avion devait initialement atterrir à Orly ce matin. Alors que l’appareil était encore dans les airs, l’équipage a informé les passagers qu’il « s’était passé quelque chose et que l’avion était dérouté vers Roissy », indique ce passager en provenance de Casablanca, au Maroc.

Vers 8h30, un homme a été abattu à l’aéroport d’Orly-Sud après avoir tenté de dérober l’arme d’une militaire de la force Sentinelle. L’aéroport a été évacué et une partie des vols qui devaient initialement atterrir à Orly a été déroutée vers Roissy.

« Il vaut mieux être ici que là-bas »

La pagaille redoutée n’a finalement pas eu lieu. Les vols ont été déroutés sur les trois terminaux que compte CDG, dont les allées sont restées assez silencieuses.

>> A lire aussi : Qui est l'assaillant de l'aéroport d'Orly ?

« Il vaut mieux être ici que là-bas », raconte un couple fraîchement débarqué de La Havane, chapeaux vissés sur la tête, marques de bronzage toujours visible, alors que le ciel parisien fait grise mine.

« On nous a dit qu’il y avait une prise d’otages à Orly et qu’on allait atterrir à Roissy, poursuit le couple. Ça a jeté un froid. » Passée la surprise, l’ensemble des passagers a retrouvé son calme et pris son mal en patience. Et pour cause. Les passagers ont dû attendre trois heures à bord de l’appareil sur le tarmac, avant de pouvoir débarquer et récupérer leurs bagages.

Impatience et agacement

Même sort pour le vol Air Caraïbes arrivant de Martinique, terminal 3. À la sortie, une vague de voyageurs agacés, pressés par le temps alors qu’ils doivent pour certains encore prendre un train avant de rentrer chez eux.

Quelques-uns attendent patiemment leur VTC à l’abri de la pluie et philosophent presque. « Le commandant de bord n’a été ni rassurant ni pas rassurant. Il nous a dit qu’il y avait une fusillade à Orly et qu’il n’avait pas plus d’informations à nous donner. Je pense que c’était plus judicieux de nous faire patienter à bord de l’avion », confie une vacancière et habitante de La Garenne-Colombes.

>> A lire aussi : Retour sur le parcours de l'assaillant 

Pour autant, elle comprend l'irritation de certains de ses compagnons d’infortune. « Il y a de la colère mais surtout un sentiment de résignation, notamment quand on habite à Paris, face à ce type d’événements », estime celle qui n’a pas été étonnée de constater qu’il n’y a pas eu de cris ou de sentiment de panique après l’annonce du commandant de bord.

De son côté, Aéroport de Paris, joint par 20 Minutes, se félicite du calme dans lequel s’est déroulée le déroutement vers Roissy. « Les services des aéroports ont travaillé main dans la main » pour répondre à une situation « grave ». Alors que la reprise du trafic est prévue en milieu d’après midi à Orly, ADP espère « un retour à la normale d’ici la fin de la journée ».