Affaire Tapie: Le parquet demande un renvoi en correctionnelle pour l'homme d'affaire

JUSTICE Le parquet a notamment requis le renvoi devant le tribunal correctionnel pour « escroquerie en bande organisée » à l’encontre de Bernard Tapie...

20 Minutes avec AFP
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Bernard Tapie en 2014.
Bernard Tapie en 2014. — Claude Paris/AP/SIPA

Nouvel épisode dans le dossier Tapie. Le parquet de Paris a demandé un procès pour Bernard Tapie et cinq autres personnes dans l’enquête sur l’arbitrage qui a permis à l’homme d’affaires de toucher 404 millions d’euros pour régler son litige avec le Crédit Lyonnais, a appris ce mercredi l’AFP de source judiciaire.

Le parquet a notamment requis le renvoi devant le tribunal correctionnel pour « escroquerie en bande organisée » à l’encontre de Bernard Tapie, de son avocat Maurice Lantourne, du PDG d’Orange Stéphane Richard, à l’époque directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, et de l’un des trois arbitres chargés de rendre la sentence contestée, Pierre Estoup.

L’arbitrage déjà annulé en juin au civil

Pour les six protagonistes, il appartient désormais aux juges d’instruction de décider de les renvoyer ou non en procès.

L’information judiciaire, ouverte en 2012, porte sur l’arbitrage, une sentence privée, qui en 2008 a octroyé 404 millions d’euros à l’ancien ministre de François Mitterrand, dont 45 au seul titre du préjudice moral, pour trancher le litige, vieux de plus de 20 ans, avec le Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas en 1994. Au civil, la justice a définitivement annulé en juin cette sentence, estimant qu’elle était entachée de « fraude ».

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Au cours de leurs investigations, les juges d’instruction ont dressé le scénario d’un « simulacre » d’arbitrage, biaisé au profit de Bernard Tapie. Leurs investigations ont notamment mis en lumière les relations « anciennes » et « dissimulées » entre Pierre Estoup et Me Lantourne qui avaient travaillé ensemble sur plusieurs dossiers dans le passé. Avec des interrogations sur le rôle joué par le pouvoir sarkozyste de l’époque, car la décision de tourner le dos à la justice ordinaire et de choisir la voie arbitrale, finalement favorable à Bernard Tapie, avait les faveurs de l’Elysée.