Grève des fonctionnaires: La santé très mobilisée ce mardi pour la défense du service public

MANIFESTATION Les personnels hospitaliers et de l’action sociale seront en pointe de la journée de mobilisation de ce mardi 7 mars…

Nicolas Raffin

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Les syndicats hospitaliers s'alarment de la dégradation des conditions de travail dans les établissements privés et publics.
Les syndicats hospitaliers s'alarment de la dégradation des conditions de travail dans les établissements privés et publics. — Jérôme Mars/Sipa

« Je suis une richesse » : le slogan de la journée de grève prévue ce mardi - qui concerne les trois secteurs de la fonction publique (Etat, territoriale, hospitalière) - est destiné selon les syndicats à redonner un peu de baume au cœur à ceux qui travaillent dans les hôpitaux ou encore dans les services d’aide à la personne.

« La santé n’est pas une dépense, c’est un investissement, affirme Mireille Stivala, secrétaire générale de la fédération santé et action sociale à la CGT. La Sécurité sociale et le système de protection sociale dans son ensemble ont permis à la France de mieux traverser la crise née en 2008. »

« On ne se sent pas reconnus »

Pour Dominique Larousse, secrétaire générale du secteur santé de la CFDT du Gers, « on est victime de notre histoire : on a l’étiquette d’un personnel dévoué, qui fait son boulot quoi qu’il arrive, quitte à aller jusqu’à l’épuisement. »

Un ressenti corroboré par Julie*, une aide à domicile qui travaille dans le même département : « les salariés ne restent pas longtemps dans ce domaine parce qu’ils sont fatigués, et ceux qui arrivent manquent parfois de formation. On manque aussi de temps pour faire des tâches qui parfois relèvent des soins infirmiers. On ne se sent pas reconnus ».

« On nous encense au moment des catastrophes »

Selon les syndicats, la racine profonde du malaise, c’est le manque d’effectifs. « On est arrivés au bout du système, juge Mireille Stivala. On rappelle constamment les personnels sur leurs jours de congés ».

La CGT réclame donc plus de moyens à l’Etat et en premier lieu à Marisol Touraine, la ministre chargée de la Santé. En décembre, le gouvernement avait pourtant annoncé plusieurs mesures pour tenter de calmer le milieu hospitalier : créations d’unités dédiées au personnel avec psychologues et assistants sociaux au sein des hôpitaux et d'un observatoire, nomination d’un médiateur national ou encore ouverture d’une concertation sur la revalorisation des astreintes.

Quelques mois après, ces mesures ont-elles été appliquées ? Contacté, le ministère de la Santé explique que « l'observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux est en cours de constitution », et qu'un médiateur, Edouard Couty, a été nommé en janvier. Le cabinet de Marisol Touraine précise en outre que depuis 2012, « 31.000 postes de soignants ont été créés » dont 26.000 infirmiers et 3.000 médecins. 

La fonction publique réunie

Mais pour les syndicats, les réformes prennent trop de temps. « Les politiques nous encensent au moment des catastrophes mais nous oublient au quotidien, regrette Mireille Stivala. Dire à des gens déjà épuisés qu’ils doivent travailler plus, c’est vécu comme une provocation. »

En plus de l’intersyndicale CGT-FO-SUD qui appelle à manifester pour la Santé et l’action sociale, d’autres pans de la fonction publique seront également représentés lors des rassemblements prévus ce mardi après-midi à Paris et dans plusieurs autres villes un peu partout en France. Plusieurs syndicats des salariés de la fonction publique territoriale et de la fonction publique d’Etat protesteront notamment contre la mutualisation des services et les baisses d’effectifs, alors que plusieurs candidats à la présidentielle ont déjà annoncé de vastes coupes.

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*Prénom d’emprunt