Affaire Baupin: «Si on portait plainte aujourd’hui, les délais de prescription ne tiendraient pas»

INFO 20 MINUTES Elen Debost, militante écologiste et adjointe à la mairie du Mans depuis 2014, avait porté plainte contre Denis Baupin en juin 2016…

Helene Sergent

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Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans et militante écologiste.
Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans et militante écologiste. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

« A l’issue de l’ensemble des investigations, il apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits. » C’est avec ces mots que le parquet de Paris a annoncé ce lundi le classement sans suite des quatre plaintes déposées en juin dernier par les militantes écologistes Isabelle Attard, Sandrine Rousseau et Elen Debost contre Denis Baupin.

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Cette dernière est l’une des premières à avoir rendu publiques les accusations à l’encontre du député de Paris. Adjointe à la mairie du Mans, elle avait expliqué avoir reçu une centaine de SMS graveleux de la part de Baupin. Contactée par 20 Minutes, elle confie « regretter » que l’affaire n’aille pas plus loin.

La question des délais de prescription

« On était préparé à cette décision. Les mots choisis par le parquet sont assez intéressants. Le procureur explique que les faits sont prescrits mais qu’ils étaient susceptibles d’être qualifiés pénalement. Si on s’était réveillé maintenant et non il y a un an, si on portait plainte aujourd’hui, ces délais ne tiendraient pas. L’autre point important, c’est que dans ce communiqué, le doute n’est pas porté sur la parole des victimes. Evidemment je ne peux que regretter que ça n’aille pas plus loin, mais en un an j’ai le sentiment qu’il s’est passé des choses. On a pu faire parler d’autres femmes, c’est ça qui est important », réagit l’adjointe.

Une loi définitivement adoptée le 16 février 2017 a doublé les délais de prescription. Le texte voté par l’Assemblée nationale porte désormais à vingt ans le délai de prescription de l’action publique en matière criminelle et à six ans (au lieu de trois) pour les délits de droit commun.

Dans un communiqué publié ce lundi après celui du parquet, l’avocat de Denis Baupin, Me Emmanuel Pierrat, a fait savoir que son client entendait « prendre toutes les mesures qui sont à disposition pour que la vérité soit dite, y compris au moyen de plaintes pour dénonciations calomnieuses ».