Tirs sur des forces de l'ordre: Un frère d'Adama Traoré et sa compagne mis en examen

JUSTICE Un frère d’Adama Traoré et sa compagne ont été mis en exmen ce jeudi dans l’enquête sur des tirs contre les forces de l’ordre en juillet à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise)…

C.P. avec AFP

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Des manifestants réclament "Justice et vérité" au sujet de la mort d'Adama Traoré, le 30 juillet 2016 à Paris.
Des manifestants réclament "Justice et vérité" au sujet de la mort d'Adama Traoré, le 30 juillet 2016 à Paris. — SEVGI/SIPA

Deux jours après leur placement en garde à vue, Bagui Traoré, un frère d'Adama Traoré, et sa compagne ont été mis en examen ce jeudi dans l'enquête sur des tirs contre les forces de l'ordre en juillet à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), durant des violences ayant suivi la mort du jeune homme lors de son arrestation, a indiqué leur avocat.

«Tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique»

Mis en examen pour tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique, tous deux devaient être présentés dans la soirée à un juge des libertés et de la détention en vue d'un éventuel placement en détention provisoire, a ajouté Me Yassine Bouzrou.

Mardi, plusieurs membres de la famille de Bagui Traoré, parmi lesquels sa sœur Assa et son frère Youssouf, avaient aussi été entendus comme témoins dans le cadre de cette procédure.

Cinq autres personnes, dont sa compagne, avaient été interpellées et placées en garde à vue dans cette affaire, et une douzaine de témoins ont été entendus, selon une source proche de l'enquête.

Trois armes longues ont été saisies chez l'un des gardés à vue, un homme très défavorablement connu des services de police, a-t-on appris de même source.

Une soixantaine de coups de feu tirés pendant ces cinq nuits de violences

Après la mort d'Adama Traoré, 24 ans, lors de son arrestation par des gendarmes le 19 juillet, des violences avaient éclaté à Beaumont-sur-Oise, d'où il était originaire, et dans les communes voisines: tirs d'armes à feu et de mortiers artisanaux, véhicules incendiés, bâtiments publics pris pour cible.

Selon les autorités, une soixantaine de coups de feu avaient été tirés pendant ces cinq nuits de violences, où 13 policiers et gendarmes avaient été blessés. Une information judiciaire sur ces tirs avait été ouverte, et l'enquête confiée à la section de recherches de Versailles.

Bagui Traoré avait été condamné en décembre à huit mois de prison ferme pour outrages et violences à l'égard de policiers municipaux et gendarmes, lors d'un rassemblement organisé en marge d'un conseil municipal à Beaumont-sur-Oise en novembre. Il a fait appel. Son frère Youssouf a, lui, été condamné à six mois de prison dont trois avec sursis pour outrages et menaces de mort.

«Acharnement de la part de l'État, de la part des forces de l'ordre, de la justice»

Lors d'une conférence de presse organisée mardi en fin de journée, Assa Traoré, devenue porte-parole de la famille, a dénoncé un «acharnement de la part de l'État, de la part des forces de l'ordre, de la justice». «Ils veulent nous faire flancher, ils veulent nous faire tomber, dissoudre notre lien familial, notre comité, ce matin on l'a encore vu», mais «on ne lâchera pas», a lancé la jeune femme.

Le comité de soutien à Adama Traoré a annoncé mardi qu'une manifestation aurait lieu samedi à Beaumont-sur-Oise.

L'information judiciaire chargée d'éclaircir les circonstances de la mort d'Adama Traoré n'a pour l'heure donné lieu à aucune mise en examen.