Violences faites aux enfants: Le gouvernement présente son premier plan de lutte

VIOLENCES INFANTILES Il sera dévoilé ce mercredi par la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol...

20 Minutes avec agence

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Un enfant puni (illustration).
Un enfant puni (illustration). — Catherine Delahaye/SIPA

Le premier plan interministériel « de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants » sera dévoilé ce mercredi par la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, Laurence Rossignol.

Conçu sur trois ans (2017-2019), il a comme modèle les plans mis en place depuis 2005 pour lutter contre les violences faites aux femmes. Son objectif : « sortir les violences faites aux enfants de l’invisible et de l’indicible », rapporte Le Monde.

Manque de statistiques officielles

« Les violences à l’égard des enfants (…) ne viennent nous bouleverser que de manière sporadique, lorsqu’un drame se produit », regrettait la ministre lors de ses vœux, le 23 janvier dernier. Le phénomène touche tous les milieux sociaux mais manque de statistiques officielles.

Une étude menée sur la période 1996-2000 par la pédiatre Anne Tursz, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), estimait à 255 les homicides d’enfants de moins d’un an chaque année, contre 17 selon les statistiques officielles.

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Recenser, prévenir, sensibiliser

Pour remédier au flou, ce plan aura pour premier axe majeur un recensement annuel et la publication du nombre d’enfants morts à la suite de violences intrafamiliales. Détecter les phénomènes dit du « bébé secoué » devrait faire partie des priorités. A noter qu’aujourd’hui, l’autopsie des enfants décédés sans cause apparente n’est possible que lorsque les familles donnent leur accord, précise encore Le Monde.

Autre axe majeur du plan : la prévention et la sensibilisation. « Le rôle du secteur médical, par lequel passent tous les enfants, est primordial tant sur la prévention que sur la prise en charge », explique Anne Tursz, demandant la création d’un « référent maltraitance » en milieu médical, sur lequel les médecins pourraient s’appuyer.

Une campagne de communication

La campagne de communication « Enfants en danger : dans le doute, agissez ! » sera également lancée. Portée par la voix de l’acteur Bruno Solo, elle consistera à mieux faire connaître le 119, numéro national et gratuit pour signaler une situation de danger vécue par un enfant ou un jeune. «

Le plan traitera aussi de l’accès des mineurs à la pornographie ou des conséquences des punitions corporelles sur les enfants. Si ce dernier point faisait déjà l’objet d’une disposition symbolique de la loi Égalité et citoyenneté, il a été censuré par le Conseil constitutionnel le 26 janvier pour des raisons de forme. Ici, il consistera notamment en un livret de conseils envoyé aux parents par les caisses d’allocations familiales.

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