Mayotte: Un plan d’urgence «eau» signé par la ministre des Outre-Mer

ENVIRONNEMENT La sécheresse sévit depuis mi-décembre dans le 101e département français, en raison du retard de la saison des pluies…

20 Minutes avec AFP

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Mayotte subit des mesures de rationnement d’eau draconiennes depuis décembre.
Mayotte subit des mesures de rationnement d’eau draconiennes depuis décembre. — Ornella LAMBERTI

Fini les restrictions ! La ministre des Outre-Mer Ericka Bareigts a signé ce lundi un plan d’urgence « eau » pour lutter contre la pénurie d’eau à Mayotte. Rotations de tankers depuis La Réunion, lancement de forages, construction d’une usine de dessalinisation et création d’une troisième retenue collinaire sont notamment au programme.

Après des mesures de rationnement d’eau draconiennes depuis décembre dans le sud et le centre de l’île pour faire face à la pénurie (alimentation en eau seulement un jour sur trois), la ministre a annoncé lundi un assouplissement des restrictions, avec une distribution un jour sur deux, à la suite  des pluies salvatrices durant le week-end.

Des mesures à court, moyen et long terme

Le plan d’urgence, signé par le gouvernement, le Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte (Siaem), l’Agence française de développement (AFD) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), prévoit des mesures à court, moyen et long terme. A court terme, une rotation de tankers sera mise en place dès la mi-2017 pour apporter jusqu’à 500 000 m3 d’eau pour approvisionner les retenues collinaires en prévision de la prochaine saison sèche, prévue à partir de juin. Quatre forages seront réhabilités, pour un gain espéré de 2 000 m3 d’eau par jour, à partir d’août.

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A moyen et long terme, quatre autres forages qui avaient été abandonnés vont être réhabilités, la digue de Combani sera rehaussée d’un mètre, et une usine de dessalinisation sera construite, pour un coût estimé à 12 millions d’euros, dans un délai maximal de 18 mois. Enfin, une troisième retenue collinaire sera réalisée, à Ourovéni (centre), pour un coût de 25 millions d’euros, et une livraison fin 2020.

Au total, le ministère mobilise 5,5 millions d’euros du fonds exceptionnel d’investissement. Le plan sera aussi financé par des crédits du contrat de plan Etat-région, des crédits européens (14 millions d’euros), et un emprunt de 46 millions contractualisé avec la Caisse des dépôts et consignations.