Le Roux veut recentrer les policiers «sur leur cœur de métier»

SECURITE Un syndicat de police attribue le «César du degré zéro du dialogue social» à Le Roux…

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Roux ministre de l'Intérieur le 14 janvier.
Bruno Le Roux ministre de l'Intérieur le 14 janvier. — SIPA

Le ministre de l’Intérieur a tenté ce lundi matin de rassurer les policiers. Bruno Le Roux a dévoilé sur RTL quelques-unes des réponses du gouvernement sur la concertation organisée après le mouvement de colère inédit des policiers survenu cet automne. Il a notamment expliqué que les agents de police « ont bien souvent le sentiment de faire des tâches qui ne relèvent pas du cœur de métier ».

« Je vais accélérer le mouvement qui fait que les gardes d’un certain nombre de bâtiments ne soit plus opéré par les policiers », a affirmé le ministre qui estime par exemple que les gardes statiques pour les préfectures pourront être remplacées par d’autres dispositifs. « Il peut y avoir des moyens passifs pour protéger nos bâtiments, des systèmes de sécurité, de vidéosurveillance », a-t-il dit.

Moins de tâches administratives

Idem devant les tribunaux. « Je discute avec Jean-Jacques Urvoas », le ministre de la Justice, « qui est très sensible à cette question pour faire en sorte que sur les transfèrements judiciaires, les escortes, la façon dont les détenus sont accompagnés vers les hôpitaux, on puisse décharger là encore le travail de la police. » « Ça concerne plusieurs milliers d’équivalents temps plein aujourd’hui, ramené à une année », a détaillé le ministre de l’Intérieur.

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Pour soulager les fonctionnaires des tâches administratives, Bruno Le Roux souhaite en outre que « les nouvelles technologies fassent irruption dans le travail des policiers » et sur le modèle du dispositif NeoGend dans la gendarmerie nationale, prévoit la commande de 50.000 tablettes. Il souhaite en outre qu’à l’avenir, les policiers puissent être totalement déchargés de la délivrance des procurations pour les différents scrutins électoraux.

« Le malaise des policiers persiste », estime un syndicat

Après ces déclarations du ministre de l’Intérieur, le syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) lui a ironiquement attribué le «  César du degré zéro du dialogue social ». « Sans doute trop occupé par son agenda mondain et des soirées comme celles de la cérémonie des César, Bruno Le Roux n’a pas daigné informer ou rencontrer les syndicats », a dit le SCSI dans un communiqué. Le syndicat a ironisé sur la présence vendredi du ministre à la soirée de remise des prix et récompenses du cinéma français.

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« Au ministère de l’Intérieur, c’est l’heure des abonnés absents : pas d’information sur les mesures envisagées, pas de réunion préparatoire, pas de concertation avec les syndicats », a déclaré le SCSI. « Le malaise des policiers persiste, la procédure judiciaire n’a pas été allégée, l’immense majorité des tâches indues persiste, le problème du temps de travail n’est pas réglé et que dire des tensions entre corps ou des problèmes de management », a poursuivi le syndicat.