Aulnay: La Police des polices saisie après de nouvelles accusations de violences

TÉMOIGNAGE Un agent municipal accuse la brigade anticriminalité de l’avoir agressé…

Lucie Bras

— 

Cette fois-ci c'est une équipe de la BAC qui est accusée.
Cette fois-ci c'est une équipe de la BAC qui est accusée. — FRANCK LODI/SIPA

Après Théo et Alexandre, c’est Djamel, un employé municipal de la ville d’Aulnay, qui accuse la police de l’avoir agressé. Le parquet de Bobigny a saisi hier l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La saisine intervient après la publication hier dans Libération du témoignage de Djamel, père de famille de 34 ans, qui affirme avoir été insulté et frappé le 30 janvier par trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) d’Aulnay-Sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.

Il est au volant quand une voiture lui coupe la route, selon son récit. L’animateur « pile » et se retrouve à faire barrage à un véhicule de police banalisé, où se trouvent quatre agents de la BAC lancés dans une course-poursuite. « Bouge de là, fils de pute », lui lance l’un d’entre eux.

>> A lire aussi : Affaire Théo. Les violences policières à caractère sexuel, une exception française?

Le commissariat refuse sa plainte

L’animateur demande des excuses, le ton monte. Il sort de son véhicule, tout comme deux policiers. Selon une vidéo filmée par un témoin, l’animateur est alors saisi au niveau du cou. « Celui qui m’étranglait a serré très fort pendant environ une trentaine de secondes. J’ai cru que j’allais mourir, je n’arrivais plus du tout à respirer », dit-il.

Il est ensuite menotté et placé dans le véhicule des policiers. « Je leur ai expliqué que je travaille à la ville (…), que je vais en parler au maire », raconte-t-il. Immédiatement, les policiers le relâchent.

Son médecin lui prescrit cinq jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Il se rend ensuite au commissariat d’Aulnay pour porter plainte, ce qu’on lui refuse. Idem à celui de Villepinte, selon ses déclarations.

Son interpellation a eu lieu trois jours avant celle de Théo, jeune homme de 22 ans, victime d’un viol présumé au moyen d’une matraque le 2 février lors d’un contrôle d’identité. Quatre fonctionnaires ont été mis en examen pour ces faits, dont l’un pour viol.