VIDEO. L'état d'urgence en France est «injustifiable» et «inefficace» dénonce Amnesty international

DROITS DE L'HOMME L’ONG avait déjà épinglé l’an dernier les mesures adoptées dans le cadre de ce régime d’exception…

20 Minutes avec AFP

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Un policier après l'attentat déjoué à Montpellier, le 10 février 2017
Un policier après l'attentat déjoué à Montpellier, le 10 février 2017 — SYLVAIN THOMAS / AFP

Amnesty international tire à nouveau la sonnette d’alarme. Dans son rapport annuel publié ce mercredi, l’ONG épingle la France sur le respect des droits de l’homme. Amnesty dénonce la restriction des droits fondamentaux dans le cadre des mesures prises pour lutter contre le terrorisme, en particulier l’état d’urgence, décidé après les attentats djihadistes du 13 novembre 2015 et prolongé depuis.

Selon l’organisation, « le risque est que la France s’habitue à ce que des droits, considérés comme acquis, soient remis en cause ».

La France ne protège pas assez « les réfugiés »

Selon son recensement, de fin 2015 à fin 2016, « seules 0,3 % des mesures liées à l’état d’urgence ont débouché sur une enquête judiciaire pour faits de terrorisme ». En revanche, « ces assignations à résidence ont entraîné des pertes d’emploi ou la marginalisation de ces personnes », déplore Camille Blanc, présidente d’Amnesty international France.

L’ONG considère par ailleurs qu’en matière d’accueil des réfugiés, « la France n’a pas pris ses responsabilités au niveau international » et ne protège pas suffisamment les réfugiés et migrants présents sur son sol.

Trump et Erdogan également épinglés

Dans son rapport, l’ONG dénonce également l’attitude de certains dirigeants dans le monde, comme Donald Trump aux Etats-Unis, qui propagent des discours de haine « diabolisant » certains groupes. Une rhétorique « toxique » qui rend le monde plus dangereux, estime l’ONG.

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« Les discours clivants de Donald Trump, Viktor Orban (Hongrie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Rodrigo Duterte (Philippines)… s’acharnent sur des groupes entiers de population, les désignent comme boucs émissaires et propagent l’idée selon laquelle certaines personnes sont moins « humaines » que d’autres », les premiers visés étant les réfugiés, dénonce Amnesty international.

Au total, l’ONG a dénombré 36 pays ayant « violé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés ». Ces discours de rejet et de haine ont des effets directs sur les droits et libertés, pointe Amnesty : « Des gouvernements ont fait voter des lois qui restreignent le droit d’asile, la liberté d’expression, qui légitimement la surveillance de masse ou donnent aux forces de l’ordre des pouvoirs illimités ».