L'espérance de vie pourrait dépasser 90 ans chez les femmes d'ici 2030

SANTE Les chercheurs ont utilisé 21 modèles mathématiques pour prédire l’évolution de l’espérance de vie dans 35 pays développés…

20 Minutes avec AFP
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Un couple de seniors pique-nique sur la plage.
Un couple de seniors pique-nique sur la plage. — PURESTOCK/SIPA

C’est un cap symbolique. L’espérance de vie devrait continuer à augmenter dans les pays développés et s’approcher, et dépasser les 90 ans d’ici à 2030 chez les femmes dans des pays comme la Corée du Sud, la France et le Japon, selon une étude publiée ce mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet. « Jusqu’à récemment encore, de nombreux chercheurs pensaient que l’espérance de vie ne dépasserait jamais 90 ans », rappelle le Pr Majid Ezzati, le principal auteur de l’étude.

La Corée du Sud en haut du classement, la France juste derrière

Mais en utilisant 21 modèles mathématiques pour prédire l’évolution de l’espérance de vie dans 35 pays développés, les auteurs de l’étude sont arrivés à la conclusion que les femmes sud-coréennes étaient les plus susceptibles de franchir le cap des 90 ans d’ici à 2030. Leur espérance de vie à la naissance (c’est-à-dire la durée de vie prévisible d’une petite sud-coréenne née en 2030) devrait atteindre 90,8 ans, alors que celle des Françaises et des Japonaises atteindrait respectivement 88,6 ans et 88,4 ans.

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L’évolution devrait être similaire chez les hommes, avec un écart entre les sexes tendant à s’amenuiser d’ici à 2030, selon les chercheurs. Les hommes sud-coréens devraient eux aussi être en tête avec une espérance de vie de 84,1 ans devant les Australiens et les Suisses (84 ans).

Fortes inégalités aux Etats-Unis

Mais l’étude révèle également que la situation ne devrait guère s’améliorer d’ici à 2030 aux Etats-Unis où l’espérance de vie est déjà inférieure à celle de la plupart des pays développés. Elle devrait passer de 81,2 ans en 2010 à 83,3 ans en 2030 chez les femmes et de 76,5 à 79,5 ans chez les hommes, soit des chiffres similaires à ceux de pays comme la Croatie ou le Mexique. Pour expliquer cette situation, les chercheurs évoquent d’importantes inégalités, l’absence d’un système de santé universel ainsi que des taux de mortalité maternelle et infantile, d’homicide et d’obésité particulièrement élevés.

Les chercheurs prévoient de continuer leurs travaux en appliquant leurs modèles à des maladies spécifiques ainsi qu’à tous les pays afin d’affiner leurs prédictions. Mais ils reconnaissent également que celles-ci ne peuvent pas tenir compte « d’événements imprévus », tels que des changements politiques affectant les systèmes sociaux et sanitaires.